En arrière toute!

Publié le par E.R.

En réponse à vos questions et commentaires divers sur l’arrêt de « l’opération 105 permis »:

 J’éprouve la même surprise que vous devant la non reconduction de cette première expérience parfaitement réussie, voire son extension au plan national comme il en avait été question au mois de juin 2005. L’équipe civilo-militaire  pluridisciplinaire a  adhéré au projet, sans retenue (entreprises, missions locales, mairies, associations, Région économique, etc…), parce qu’il était simple, concret, de durée limitée (6 à 9 mois) et  porteur d’un véritable engagement : être Français. 

Cette interrogation qui taraude aussi bien l’esprit de ceux et celles qui ont été les bénéficiaires et les «acteurs» de cette opération, que le public -nombreux- qui ne comprend pas. J’ai quelques explications à cette volte face ministérielle ou à ce désintérêt soudain.  

  • 1- En premier lieu j’ai lancé ce projet largement en «amont» («construction» en septembre 2004 et démarrage à la mi-avril 2005) de tout ce qui a été proposé depuis, à grands renforts médiatiques.
  • 2- Nous avons réussi à mettre ou remettre au travail ces jeunes en très grande difficulté en leur imposant, sans démagogie, un parcours « donnant-donnant » qu’ils se sont appropriés : « tu es notre dernière chance… ».
  • 3- Qu’un officier général obtienne des résultats probants dans le domaine social, et d’un coût moindre que tout ce qui est fait sans beaucoup de coordination , alors que ceux dont c’est le métier font moins bien a de quoi agacer!
  • 4- L’état-major de l’armée de terre s’est vigoureusement opposé au projet de peur de devoir concéder des effectifs pour encadrer la préparation militaire, progressivement élargie au territoire national. Le ministère de la défense engagé dans « Défense 2eme chance » ne pouvait nous appuyer sauf à donner le sentiment que son projet phare est un fiasco. La position de l’armée de terre arrivait à point nommé…

Pour faire simple : incongruité un général « dans » le social ! Jalousie : en plus il réussit ! Politique : il fait mieux que certains ténors… Il n’est pas facile d’avoir des idées novatrices et de les défendre; y a t-il une réelle volonté de les mettre en œuvre ? Pourtant je pense être en phase avec la volonté gouvernementale, telle qu’affichée…

Publié dans Projets de Société

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ake 20/03/2006 15:01

Mon général,Bravo pour votre initiative en direction de ces jeunes. Alceste et Eric ont raison l'islamisme représentent un danger pour la France et les démocraties en générale. Le plus grand danger est le rejet la discrimination et les discours racistes qui les poussent dans les bras de ces intégristes qui sont plus nombreux en france et chez nos voisins europeéns qu'en algérie.Votre action mon Général permet certainement à ces jeunes de voir un autre coté de la France et de son armée. Les missions de l'armée francaise ont changé depuis longtemps, mintient de la paix , humanitaire etc...Le combat que vous menez Général est parsemé d'embuche mais comme le dit anne sophie "à coeur vaillant rien d'impossible"avec tous mon soutien Amar ancien parachutiste au 1er RCP 84/85 et fils de harki

Marc Antonini 17/03/2006 10:48

En fait, Eric, qui a dit que tout va bien et qu'il n'y a rien a craindre? ...si le général agit dans les banlieues, n'est pas que tout ne va pas bien?Il ne faudrait pas non plus s'enfermer dans une idéologie...Tout le monde connaît le problème surtout ceux qui se bougent! La question est bien plus de connaître le chemin pour sortir de l'impasse. Il me semble simplement à la lecture de vos propositions et de celles du général, qu'il en ait certaines qui fédèrent et qui sont susceptibles de nous en faire sortir. Un projet de vie commun est le ciment d'une nation. J'en lie bien peu au travers de vos lignes. Dommage! La nation aurait pourtant besoin de toutes les énergies, les plus convergentes possibles.Marc qui croit en l'avenir et à une France rénovée!

Eric GAILLOT 16/03/2006 18:47

Mon Général,
En réponse à votre réponse du 11/03, j'apprécie votre démarche d'ouverture et de prise en compte de l'ensemble des avis qui vous sont exprimés par l'intermédiaire de votre blog. Cela me permet d'avoir un espoir car vous vous exposez courageusement au delà de ce que vous imaginez. D'autres militaires ont déjà tenté cette expérience et n'ont pas survécus à la pression de leur hiérarchie. L'avenir jugera votre capacité de résistance en faveur de la liberté d'expression, expression qui doit rester, évidemment, correcte et constructive.
Vous avez qualifié nos propos - à Alceste et à moi - de "pessimistes quant à la nature humaine en générale et les élites en particuliers". Puis-je me permettre de rectifier le terme "pessimiste" par celui de "lucide" qui me semble mieux approprié. Si ces propos vous paraissent pessimistes, c'est bien qu'il y a un écart important entre votre vision des choses et la notre. Alors, je vous propose la méthode suivante : en tant que responsable militaire, lorsque vous êtes confronté à une situation incertaine, et que vous obtenez des informations contradictoires sur une situation déterminée, que faites-vous ? Prenez-vous les décisions en fonction de ce que vous pensez à priori de la situation ou essayz-vous, avant de décider, d'approfondir les informations qui vous semblent pessimistes avant d'envoyer au front un groupe de militaire au risque de les plonger dans embuscade plus sérieuse que ce que vous aviez estimé à priori ? Autrement dit, adaptez-vous vos actions en fonction du taux de réussite et d'échec des opérations ou essayez-vous, avant d'agir, de mesurer le plus objectivement possible le danger de la situation par une étude approfondie des informations qui vous sont transmises, plus ou moins maladroitement, je peux en convenir ?
Mon Général, nous n'avons pas le même sentiment du danger dans lequel se trouve notre pays. Est-ce que le fait de vous donner l'impression que nous sommes pessimiste est suffisant en soi pour disqualifier à priori nos propos ?
Le fait que vous ayez de nombreux admirateurs prouvent-ils que vous soyez au plus prêt de la réalité ? Ne jugez-vous la justesse d'une action que par le seul critère du nombre des adhérents à cette action ? Vous n'ignorez pas, je l'espère, que la loi de la majorité, lorsqu'il s'agit de problèmes complexes et graves n'est en rien une garantie contre le pire. Vous n'ignorez pas que le HAMAS vient d'être victorieux aux élections en Palestine et à moins que vous considériez le HAMAS comme un parti politique démocratique respectable, cela devrait, me semble-t-il, vous interroger ? Vous n'ignorez-pas qu'il y a mille et une manières d'obtenir la majorité, même dans notre démocratie nationale, comme l'a superbement montré la dernière élection présidentielle française. Vous n'ignorez pas non plus, je suppose, que nous venons de vivre pendant  plus d'un mois sous le régime d'un Etat d'urgence ? Et tout va bien, d'après vous ? Des centaines de voitures sont brulées impunément chaque semaine et tout va bien d'après vous ? Des manifestants circulent dans nos rues avec des slogans appelant à l'holocauste des Français et ne sont pas interdit et tout va bien d'après vous ?
Vous pensez peut-être que mes exemples sortent de mon imagination et que je suis seulement un peu trop pessimiste ? J'ai choisi ces exemples parcequ'il est difficile, dans le cadre de ce blog, d'aller au fond des choses. Ces exemples sont cependant de notoriété publique. L'Etat d'urgence n'est tout de même pas une invention paranoïd de ma part. Alors, mon Général, un Etat d'urgence dans un pays comme le notre où il n'y a pas de problème, cela ne vous semble pas étrange ? Cela ne vous pose pas, tout de même, une petite question ? Pourquoi un Etat d'urgence dans un pays qui n'aurait soit-disant pas de problème grave ? Cet Etat d'urgence, inspiré directement de celui de la guerre d'Algérie à la veille de notre défaite et de notre évacuation forcée, cela aussi est une vision pessimiste ? En somme, pour vous, il est normal de vivre en Etat d'urgence, il faut pas s'inquiéter pour autant, c'est seulement une mesure d'ordre public sans aucune conséquence ni signification particulière. La preuve, c'est que depuis, tout est rentré dans l'ordre, on n'en parle plus, les émeutes sont définitivement terminées, tout va bien.
S'il en est ainsi, mon Général, tant mieux, MAIS, si demain, ou dans un mois, ou dans six mois, des émeutes reprennent et enflamment le pays, vous ne vous souviendrez plus de moi, mais moi, je me souviendrais de vos réactions au sujet de mes propos pessimistes et je vous demanderais : alors, mon Général, qu'est-ce que vous en dites aujourd'hui ?
Donc, vous voyez, ma méthode est simple : il vous appartient de juger si des émeutes ont 10%, 50 % ou 90 % de chances de se reproduire dans notre pays dans les mois qui viennent. J'espère que vous avez raison de croire qu'il ne faut pas s'inquiéter et je compte sur vous pour me donner tort, tout en sachant qu'en cas d'émeute, votre institution ne bougera pas puisqu'il n'est pas prévu que l'armée intervienne pour régler ce genre de désordre à l'intérieur du pays. La règle est la suivante : laisser faire, laisser bruler, ne pas toucher aux émeutiers pour éviter de jeter de l'huile sur la braise...Mais seulement donner de l'argent....et des permis de conduire gratos. Nous verrons l'efficacité de cette réponse dans l'avenir.
Avec tous mes respects, mon Général.

DEVINCK Raymond 12/03/2006 15:29

Mon général,
C'est le colonel Gilles GAMBA, qui m'a communiqué votre site. Que j'ai lu avec le plus grand intérêt, sur le jugement et votre point de vu de notre Armée.
En fait j'avais connu le jeune Lt Gilles GAMBA, au 27° BCA à ANNECY. Ou j'étais chef de la fanfare de la division alpine (1970/1975)
Pour moi c'est toujours avec le plus grand plaisir de revoir les anciens... aprés ces années. Ayant débuté ma carrière en 1962, et retraité depuis 1989.... Servi 14 ans sous l'uniforme bleu des Chasseurs (13-2-16 et 27 de l'Arme) puis sous la tenue bleue de la gendarmerie (Musique de la Garde Républicaine de Paris)
Trés respectueusement
Rarmond DEVINCK

ds 11/03/2006 02:37

je découvre ce débat mais je vous avais posé cette question sur votre blog ! la France est le pays des paradoxes et du "pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué" ! la politique de la ville a démontré toutes ses limites, ses erreurs et ses échecs mais on persiste et signe avec, à la clef, des financements exhorbitants dont on ne connait jamais les impacts sur les populations ciblées ! c'est regrettable que des expériences comme la vôtre, qui sont concluantes ne soient pas mieux prises en compte ! le bloc institutionnel n'existe pas, chacun tire la couverture à soi et pendant ce temps, la terre continue de tourner et les problèmes d'augmenter ..... et les élus d'^tre incompétents !!!!!!!!!!!!!!