En ce moment vous aurez remarqué que la presse s’exprime beaucoup sur la Côte d’Ivoire, ou du moins, rapporte des faits qui ne peuvent que desservir la crédibilité de nos forces qui font sur place, depuis maintenant plus de trois années, un remarquable travail de maintien de la paix.
Pour avoir servi sur ce théâtre pendant plus de quatre mois à la tête de près de 4000 hommes et femmes tous tendus à la réussite de la mission, je puis vous dire qu’un tel « tam-tam » médiatique est toujours mal ressenti. En effet, il est désagréable pour une entité comme la nôtre qui se donne sans compter -que serait ce pays si la France n’était pas présente avec ses soldats ?- d’être ainsi montrée du doigt.
Bien sûr si des faits répréhensibles devaient être confirmés par une enquête de commandement ou dénoncés par la justice, nous accepterions les reproches et les condamnations quelles que puissent en être les conséquences pour ceux ou celles qui auraient commis de tels délits. Mais si tout ceci n’était que ragots avancés par une presse à la recherche de « scoops » à tout prix sans s’entourer des recoupements nécessaires, alors nous pourrions penser à des « manœuvres » d’intoxication –de «déception» disait-on autrefois- s’inscrivant dans un processus plus large consistant à décrédibiliser peu à peu les troupes françaises dans la zone : à qui profite le « crime » ?
Par Le général de Richoufftz
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En tant qu’observateur quelque peu médusé, comme une majorité de Français silencieux, je me montre dubitatif devant un tel déferlement de violence gratuite quasi quotidienne qu’il m’est donné d’observer par petit écran interposé, à heure fixe, comme au spectacle.
L’image est parfaitement bien orchestrée avec ses rassemblements, ses déplacements, ses habituels casseurs, ses agressions envers ceux qui souhaitent manifester dans le calme, ses slogans qui réveillent de lointains souvenirs -ceux d’une époque qui me paraît pourtant révolue- celle de la « pensée unique ». Images de nos forces de l’ordre stoïques, subissant sans broncher les assauts répétitifs et les jets de projectiles : cibles faciles ! Vision navrante de carcasses fumantes, de vitrines brisées, de commerces mis à sac, de mobiliers urbains saccagés, de débris éparpillés, sans raison. Images désastreuses et ravageuses hors de nos frontières, celles d’une France rabougrie, tournée sur son passé, pour ne pas dire hors jeu dans un monde qui se structure et qui s’est mis, depuis une dizaine d’années déjà, « en ordre de bataille » sans nous, afin de faire face, du mieux possible, aux attendus de ce siècle dans lequel l’économie sera au cœur de notre existence. Faut-il s’en réjouir ou faut-il le déplorer ? Peu importe: il convient de relever le défi. Il n’y pas d’autre issue !
La réalité me paraît plus contrastée. C’est celle d’une jeunesse rassasiée de biens de consommation mais orpheline de grand dessein de vie, de plus en plus consciente que nombre de formations suivies au lycée comme à l’université ne sont plus adaptées au marché du travail actuel comme aux offres à venir, que la durée au travail sera nécessairement allongée de manière drastique en raison des dettes et déficits colossaux que notre génération a accumulés et que nos enfants seront contraints d’éponger, et que la précarité dans tous les domaines de leur quotidien devrait devenir, par la force des choses malheureusement, la règle partagée par tous. Cette jeunesse dans la rue, du moins celle qui recherche, sans heurts, une marque de considération de la part des adultes que nous sommes, doit être regardée au travers d’un double prisme. Celui du désespoir d’une génération en quête d’absolu –sans avoir trouvé, à ce jour, les réponses à leur questionnement- et d’une sourde révolte devant notre incapacité d’adultes – responsables du pays depuis des années- à leur avoir « montré la voie ». Ils sont non seulement nos enfants, certes, mais ils se sentent d’ores et déjà des adultes qui auront à prendre, bientôt, la responsabilité de notre destin collectif.
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