Courage, fuyons ( nos responsabilités) ?

Publié le par Général de Richoufftz

 

Il semblerait que nous ayons atteint le fond…

 

Il y a peu, en écoutant les cris de révolte des sidérurgistes lorrains venus à Paris entendre de la bouche de nos différents dirigeants que leur sort serait scellé sans que l’on comprenne bien comment et quand, nous ne pouvons que nous interroger quant au rôle joué par l’Etat dans ce domaine comme dans tant d’autres depuis autant d’années: une incapacité à voir loin, un déficit récurrent d’anticipation et par voie de conséquence une fébrilité dans la conduite de l’action, un manque de sens et d’idéal partagé, une confusion chronique des rôles entre les différents tenants de l’autorité, une communication à l’emporte pièce et bien souvent biaisée, une confiance sans cesse amenuisée de la part d’une opinion publique qui subit, de plein fouet, les à coups de vaines promesses électorales, le sentiment général partagé de subir les évènements sans avoir aucune prise, le satisfecit désarmant de nos dirigeants quels qu’ils soient... Chercher l’erreur !

 

Nous sommes bien loin de la sérénité nécessaire qui conviendrait en cette période de crise majeure. Plus de 5 millions de chômeurs - chiffre effrayant - qui démontre d’une part, notre incapacité à avoir su anticiper l’événement depuis ces dernières décennies et  prendre les mesures politiques, financières, industrielles et sociales correctives adaptées aux temps incertains, afin d’orienter le pays hors de l’ornière du marasme économique qui nous gangrène. Surtout ne rien proposer qui fâche, surtout ne rien faire qui puisse bousculer les bonnes vieilles habitudes héritées des Trente Glorieuses fut notre seul crédo.  Comme l’autruche nous avons mis notre tête dans le sable en attendant, complices de l’inaction générale et du manque de courage de nos édiles, que la crise puisse nous « bye passer » comme si de rien était… Ne nous sommes-nous pas persuadés que nos acquis sociaux, notre développement économique, notre image de Puissance représentaient une ligne Maginot encore adaptée à la crise ? Las ! Faute d’avoir eu le courage de fixer à l’opinion, au moment opportun - dix années en arrière - les « nouvelles frontières » qui soient adaptées aux temps nouveaux - celui de la mondialisation - , il va maintenant nous falloir agir dans l’urgence : nous résigner à subir, de plein fouet, un ensemble de mesures et de réformes de fond. A défaut, nous prendrions le risque d’un déclassement économique durable

 

Et les sujets qui fâchent ne manquent pas! Quelle stratégie industrielle pour le pays , que veut-on  exactement , quelles directions souhaite-t-on faire prendre à nos industriels, demain ?  A-t-on imaginé les formations nécessaires qui soient adaptées aux nouvelles orientations à prendre, l’impact sur les différentes filières, la mobilisation des structures et leur engagement dans cette réforme de longue haleine?  Et notre agriculture : une laissée pour compte ou un renouveau indispensable? La réforme du  Code du Travail : arrivera-t-on à faire en sorte que nos entreprises puissent enfin gérer le temps de leurs collaborateurs en fonction des carnets de commande et non plus subir cette pression semi dirigiste éculée , démotivante, d’un Etat avide de tout légiférer et contrôler ? Redonner le goût de l’aventure à nos jeunes entrepreneurs et arrêter enfin de fustiger ceux qui gagnent de l’argent  en prenant des risques : à défaut il déserteront en masse la mère Patrie ! Et l’Education Nationale, toujours mammouth ? De l’ordre de 150 000 jeunes sortent annuellement du système éducatif sans aucune formation et ce, depuis trente années : il semblerait que personne ne trouve vraiment rien à y redire : un comble ! Un analphabétisme durable, des laissés pour compte par centaine de milliers , et un chômage quasi certain. Et les nouveaux migrants ? Le système ne parvient qu’imparfaitement à leur apporter un minimum de connaissances, de la langue française en particulier : un frein à l’intégration, une mise à l’écart de la communauté nationale ! Que fait-on ? L’objectif de 100% de succès au baccalauréat n’est-il pas la raison d’une baisse du niveau de culture générale et des connaissances, de « l’encombrement » des universités sur des filières « cul de sac » et un désintérêt pour nos filières techniques pourtant essentielles pour notre industrie. L’éducation et la formation ne sont-elles pas les deux mamelles d’une économie réussie ? Quant à notre Sécurité Sociale, inutile de continuer à nous bercer d’illusions : prestations et remboursements ne pourront plus être assurés pour tous ! Les comptes sont en déséquilibre permanent… Et comment juguler cette violence croissante dans nos banlieues qui gagne progressivement la Société faute d’avoir mis en œuvre un véritable « Plan Marshall » qui permette de mettre un terme à la croissance de l’économie souterraine qui plombe les comptes de la  Cité et défie le fisc ? Et quid de la réforme, sans cesse repoussée, de notre « millefeuille » administratif, une autre spécialité bien de chez nous ? Une déresponsabilisation de la puissance publique… Il va falloir quand même décider, et vite ! Mais en sommes-nous capables ? Nos élus, en ont-ils la capacité comme la volonté ? Va-t-on enfin œuvrer ensemble pour le bien du pays ? Rien est moins sûr…

 

En effet les quelques mesures tardives prises et qui touchent, pour l’essentiel, une fois de plus au portefeuille des habituels  imposables - entreprises et particuliers - permettront, au mieux, de financer les seuls intérêts de notre dette en 2012 ! Quant aux réformes structurelles à conduire - les seules qui permettraient au pays d’envisager de revenir progressivement « dans les clous » des critères de Maaschricht - elles sont envisagées, mais sans plus... Nos voisins européens s’y sont engagés résolument depuis quelque temps déjà, non seulement l’Allemagne il y a une décennie et qui en retire les bénéfices - celle d’être devenue une puissance économique majeure - mais également le Portugal, l’Espagne et l’Italie. Les efforts exigés et partagés, les réformes structurelles drastiques menées dans la douleur,  seront « payants » à terme ; il ya fort a parier que nos ces pays retrouveront une dynamique économique à nous damner le pion, quand nous tergiverserons encore…

 

Une opinion désabusée et gagnée par le doute, des électeurs qui délaissent les urnes - à quoi bon voter ?-, une représentation nationale  hésitante et qui semble n’avoir qu’une approche partisane des enjeux, une opposition politique - qui fut incapable, en son temps, de porter les réformes essentielles - empêtrée dans ses luttes internes, totalement hors jeu du débat et discréditée pour un long moment, ne poussent pas à l’optimisme : feront-ils quand même preuve de courage ?

Commenter cet article