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Mardi 17 juillet 2007
Ainsi élections présidentielle et législative, désignation successive des équipes des gouvernements Fillon 1 puis 2 , majorité politique incontestée et opinion publique majoritairement convaincue,  ralliements individuels de poids et transfuges attendus, « ouverture » décidée et diversité imposée, ministères limités en nombre et cabinets réduits,  feuilles de route ministérielles et obligation de résultats, référence systématique au programme du candidat élu et tenue des échéanciers, dynamisme affiché et rythme imprimé sont autant de marques d’ une reprise en main de l’Exécutif, une nouvelle façon de faire de la politique diront certains, un dévoiement de la 5e République diront d’autres, à moins tout simplement que ce ne soit que « la » façon de faire de la politique, que nous avions totalement oubliée.

Dire ce que l’on va faire et faire ce que l’on a dit, savoir s’entourer des compétences d’où qu’elles viennent pourvu qu’elles soient tendues vers l’objectif commun, développer le sens du travail en équipe - le seul qui puisse apporter une plu value en terme d’efficacité -, savoir expliquer pour mieux emporter l’adhésion, assumer ses choix et avoir le courage de prendre des décisions qui peuvent, parfois, être lourdes de conséquences m’apparaissent être les « caractéristiques » essentielles de la façon de faire et d’être de cette nouvelle équipe.

Je n’en suis pas autrement surpris car être efficace, quel que soit le domaine, suppose de savoir transformer des idées en une politique, de la décliner en une stratégie qui soit non seulement parfaitement comprise de tous mais qui puisse réussir à coup sûr - donner la « victoire » -, d’en fixer les étapes et les priorités dans le temps - définir une tactique propre à chaque domaine -, de se donner les moyens de conduire l’action - sachant que le « saupoudrage » est la quasi assurance de courir à l’échec – en concentrant les efforts et en fixant les priorités. J’en suis d’autant moins surpris que ces règles simples furent le quotidien de ma vie d’officier. Elles m’ont été enseignées, comme des générations avant moi et celles qui se succèdent depuis, et m’ont toujours permis de conduire à bien les missions sous le feu qui me furent confiées. Réflexion, conception et action militaires ont été codifiées  par le général et théoricien militaire prussien Karl von Clausewitz dont la pensée, qui influence encore la réflexion militaire, a été résumée de la manière suivante : « la guerre n’est que la politique par d’autres moyens ».

Or dans notre monde développé, en paix depuis plus de soixante années et qui s’est doté des moyens politiques d’interdire toute résurgence d’un militarisme conquérant et des garde fous adéquats, c’est bien une autre forme de guerre à laquelle nos pays doivent faire face désormais : la guerre économique. J’ai d’ailleurs évoqué ce sujet à plusieurs reprises. Les moyens sont totalement différents mais l’objectif reste toutefois le même : prendre le dessus, sur l’autre, par l’économie, le théâtre des opérations ne connaissant pas de frontières.
Dans ces conditions il ne faut pas s’étonner que nos dirigeants empruntent aux armées, à l’image de Monsieur Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir, façon de concevoir, comportement et langage. Une « militarisation », gage d’efficience : opportunité du moment, effets de surprise recherchés, concentration des moyens, centralisation de la décision, cohérence des projets, cohésion des équipes, rôle déterminant du « chef », information à la fois intelligible et « ciblée » de l’opinion - acteur déterminant dans nos démocraties -sont les conditions de notre réussite collective pour « reprendre la main » : la politique n’est-elle pas un autre moyen de conduire la guerre ?
par Le général de Richoufftz publié dans : general.de.richoufftz
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