Travailler plus !

Publié le par Le général de Richoufftz

Sommes-nous entrés dans le vif du sujet ? Si j’en crois les commentateurs de tous poils, les innombrables zélateurs prêts à s’enflammer et « aficionados » sympathiques, il semblerait que oui…

Tous les sujets ou presque sont évoqués et passés au crible de la critique. A chaque jour un thème de prédilection. Les journalistes de la presse parlée, écrite ou télévisuelle ne connaissent aucun répit. Incontournables, ayant réponse et avis sur tout, ils « façonnent », qu’on le veuille ou non, notre sens critique. Qui n’est pas, d’une manière ou d’une autre, sensible aux arguments, prise de positions et doctes attitudes de nos « people »? Ce n’est pas ce qui me gêne en fait. En effet le « jeu » de la démocratie est incontournable du tout médiatique. C’est un raccourci flagrant de la réalité des choses : quelques minutes à peine –voire quelques secondes seulement – paraissent suffisantes pour évoquer un sujet complexe. Au delà, le citoyen risquerait de « zapper » et de faire chuter l’audimat ! Pourtant j’ai cru remarquer, au travers du brouhaha quotidien, que nos « champions » évoquaient des sujets importants et des préoccupations réelles du pays. Toutefois, à y regarder de près je n’ai pas le sentiment que ceux-ci donnent véritablement les « clés » pour que nous remettions, collectivement, la France à l’endroit. Parce que c’est bien de cela dont il s’agit ?

Chômage qui perdure, dettes abyssales, déficits chroniques, mal-être qui gangrène la société, insécurité latente, faillite de notre politique d’intégration post décolonisation, inquiétude de voir nos entreprises qui délocalisent pour survivre, jeunes générations à peu près assurées d’avoir un niveau de vie moindre que ne l’était celui des « papy boomers », déconsidération de la classe politique dans son ensemble, confiance écornée en notre avenir européen, mondialisation bouc émissaire de tous nos maux, inaptitude collective à anticiper les évènements, à réformer les structures obsolètes et à prendre à bras le corps notre destinée… sont quelques uns des défis à relever si nous ne voulons pas être balayés.

Des propositions ont été faites ici ou là ; mais prennent-elles véritablement en compte la gravité de la situation telle qu’elle est et non pas telle qu’on souhaiterait qu’elle fût? Rien n’est moins sûr!

Je reste persuadé que le rapport du citoyen au travail est essentiel afin de réussir cette reconquête générale qui ne se fera pas d’un coup de baguette magique. C’est une responsabilité collective, un projet mobilisateur de l’ensemble des énergies, dans laquelle chacun de nous devrait être partie prenante et se sentir concerné en tant que fils de France.
Je saisis qu’ici ou là nos candidats paraissent vouloir desserrer le carcan des trente cinq heures mais sans toutefois ni le dire clairement ni le proposer vraiment…D’autres « pistes », celles des heures supplémentaires, sont avancées. Mais on ne parle que du « privé » me semble-t-il.
Est-il normal, alors que l’ouverture des commerces est même envisagée le dimanche, que les mairies aient porte close le samedi, que la plupart des transports en commun ne roulent pas au delà d’une certaine heure, que les services de l’Etat comme les administrations ne rendent les services à nos concitoyens que 35 heures par semaine, que les régiments, les bases et les états majors mettent la clé sous la porte du vendredi midi au lundi matin, que les forces de sécurité ( policiers et gendarmes) soient incapable d’assurer un maillage territorial de jour comme de nuit en raison des RTT, « récupérations » diverses pour sujétion et pénibilité, que le système éducatif - en dépit du doublement de son budget- ne parvienne pas à réduire le nombre des illettrés - 80 000 annuellement depuis 30 ans !-, que le service dans nos hôpitaux soient en tension constante par manque de personnel au travail ?

La liste serait longue de celles de nos administrations et institutions qui ont ainsi « mis les pouces » depuis longtemps, sans que personne ne trouve à redire.
Et puis il y a l’âge de la retraite, pour laquelle l’exception française se manifeste une fois encore…L’âge légal ? C’est sans compter avec les multiples statuts de la fonction publique qui permettent à nos papy boomers d’envisager une retraite, méritée certes, mais presque aussi longue que le temps passé en activité. Nos voisins européens ont compris qu’une telle inadéquation ne pouvait que conduire à un appauvrissement général voire à la banqueroute. L’âge de départ à la retraite a été ainsi considérablement élevé.
Travailler plus ? Cela va de soi. Mais pas à n’importe quel prix ! Pour le même !

Lorsque les uns et les autres parlent de « sens » collectif, d’effort à accomplir, de sursaut national , évoquent la fraternité, l’égalité, l’équité, en mettant la « citoyenneté » au cœur de l’action politique, rien n’apparaîtrait plus vain qu’un projet sans effort : individuel et collectif.

Travailler plus et gagner pareil !

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Jacques Heurtault 25/03/2007 13:13

Et si on se limitait à laisser chacun libre de son choix : pas de majoration du taux horaire pour les heures supplémentaires et pas d'obligation de faire des heures supplémentaires ...? Ne serait-ce pas plus simple?