La guerre est déclarée!

Publié le par Général de Richoufftz

Alors qu’il paraît que plus de 80% des Français se fichent comme l’an 40 de « la » grippe affublée du nom de code H1N1, voilà des mois que les médias nous alertent sur une plus que probable pandémie : une fin du monde annoncée pour les mortels que nous sommes!  Pire que le choléra et la peste réunis, ou que la grippe espagnole, il faut nous attendre à vivre un cataclysme. Et faisant écho au tam-tam médiatique, clameur de fond de ces derniers mois qui va s’amplifiant, corps médical, hôpitaux, laboratoires pharmaceutiques, industriels, dirigeants et responsables ministériels ont sonné, à tour de rôle, le tocsin dans nos villes et nos campagnes. La Patrie est en danger et la mobilisation générale est décrétée ! Foi de Français, si nous avons été surpris en 1940 - et pourtant à l’époque ne disait-on pas qu’il ne  manquait pas un bouton de guêtre ! - il ne sera pas dit que nous nous laisserons faire cette fois ! L’ennemi qui nous guette est omniscient et omniprésent. Et en plus il est malin et semble déjouer, jusqu’à présent nos stratèges les plus pessimistes donc les plus clairvoyants.

On ne sait pas encore quand débutera l’attaque mais ce qui est sûr, d’après ce que l’on entend, c’est que personne ne devrait être épargné. Ecoles, entreprises, lieux de travail, administrations, centres commerciaux, bref notre quotidien pourrait être « touché » à brève échéance. Le pays pourrait connaître ses heures les plus sombres :  un « blitz » microbien sans égal. On subodore  « du sang , de la sueur et des larmes ». Une attaque surprise tous azimuts. Mais heureusement nos généraux en blouse blanche - petits et grands, en ville comme à la campagne -, aiguillonnés par nos responsables bien décidés à ne pas se « faire avoir » cette fois, nous préparent depuis des mois à la contre offensive. Pas n’importe laquelle toutefois : il s’agit de mener une attaque « préemptive », « dès que prêts »,  à l’image de la guerre des six jours de 1967 - entre Israël et les pays arabes -, de la guerre du Golfe de 1991 ou de l’offensive américaine de 2003 en Irak. Une attaque sans déclaration de guerre mais avec l’onction de l’ONU.

Mais qui dit attaque dit pouvoir disposer de combattants en bonne santé. Or chaque citoyen est une victime potentielle qui s’ignore, ne le saviez-vous pas ? Dans ces conditions il convient d’éviter à tout prix de se trouver  en position de faiblesse, de ne pas avoir la « niaque » suffisante  pour aller au combat, de se sentir fiévreux au point de refuser de « monter en ligne » : comment ? En se lavant les mains le plus souvent possible - avec une solution savonneuse bien sûr -, en éternuant - sans « arroser » le voisin - et en se mouchant dans un mouchoir jetable, non sans omettre de s’en débarrasser dans une poubelle ! A partir de quand ? Mais tout de suite ! Et d’ailleurs la défense passive veille ; l’information officielle donne aux citoyens la conduite à tenir pour résister au mieux à une attaque surprise, au cours de flashes télévisuels qui nous ramènent à l’essentiel : ne pas nous comporter, en société, comme des cochons ! Pour ceux qui auraient la malchance d’être touchés par le virus en dépit des premières mesures prises, rien d’autre à faire que de porter un masque protecteur - pour le voisinage -,  de se mettre en quarantaine et de suivre la courbe de sa température. Que plusieurs cas d’atteinte apparaissent simultanément dans une enceinte et voilà que l’on est incité à mettre la clé sous la porte ! Quand je pense qu’il n’y a pas si longtemps encore, pas une école n’aurait refusé de faire cours aux bien portants alors que des élèves étaient frappés par les maladies infantiles comme la rougeole, la varicelle ou les oreillons…

Toutefois pour être assuré de la victoire finale, il nous faut attendre la mise en place des vaccins salvateurs que nos laboratoires nous promettent pour la fin novembre : des antidotes par millions de doses. C’est à ce moment que nous pourrons parler d’offensive. D’ores et déjà les stratèges ont planifié les publics les plus sensibles qui devraient être immunisés en priorité. Un vaste chantier qui requiert déjà une attention constante et une organisation précise de la part des administrations concernées. C’est le branle bas de combat. Des centaines de milliers de nos compatriotes devront subir une injection afin de les prémunir contre le virus H1N1 et il faut les y préparer. Mais tout à coup le doute se fait jour : une opération insidieuse de la « cinquième colonne » à coup sûr ! Les oreilles ennemies nous écouteraient-elles ? Il paraîtrait, de l’avis d’éminents stratèges, que le virus en question qui ne mute pas s’avèrerait beaucoup moins virulent que la bonne vieille grippe traditionnelle et que, par voie de conséquence, les injections prévues pourraient n’être que des coups d’épée dans l’eau! D’ailleurs combien de victimes avérées pour l’instant ? Une sacré  pierre dans le jardin des va-t-en guerre ! Qu’importe. Si l’ennemi est bicéphale il sera « traité » par deux injections qui devront être faites dans un ordre prioritaire inverse, à trois semaines d’intervalle... D’autre voix se sont élevées il y a peu révélant que peut-être deux injections ne seraient peut être pas suffisantes même si…

Halte au feu !

Publié dans Coups de gueule...

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Micou 25/09/2009 15:45


Parole de Général!

Il y a 2 jours j'ai reçu dans ma boîte mail un message de mon université avec pour objet très "inquiétant" "attention grippe A"... Ma classe a compté sa première victime apparemment.
Le plus drôle est de prendre les transports et d'observer la tête des passagers quand quelqu'un éternue. une petite vague de panique se fait ressentir! J'ai également eu le droit dans le RER bondé
à "ne vous inquiétez pas je n'ai pas la grippe A" de la part de mon voisin de galère.
Mieux vaut en rire...

Candice (la petite nouvelle du 6ème étage)


Lavictoire José 24/09/2009 19:23



Mais oui mon Général, la guerre est déclarée et elle va faire certainement plus
de victimes, sinon pourquoi y consacrerions nous plus d'énergie, que les infections nosocomiales qui déciment plusieurs milliers de patients chaque année et que les suicides dont plus de 60% sont
des personnes âgées de moins de 30 ans.


Ou alors, j'avoue n'y avoir pas pensé plus tôt, les infections nosocomiales sont
reconnues comme des effets secondaires nécessaires au fonctionnement de nos établissements de soins.


Bref l'abâtardissement de notre information est tellement patent qu’il ne faut
plus réfléchir car cela sera bientôt un délit.



Lavictoire José 24/09/2009 18:03








Jean-Pierre LE ROUX 24/09/2009 14:54


C'est toujours un plaisir de vous lire , Mon Général.
J'ai cependant regretté de ne pas avoir lu vos sentiments et réflexions sur:
La "bavure" de CARCASSONNE.
L'embuscade subie par le 8 RPIMA en Afghanistan .
L'incendie de Marseille.
Sujets où les militaires sont impliqués et particuliérement des Sous-officiers !
N'y a-t-il plus d'officiers...(responsables),dans l'Armée Française ?
Affaires militaires et politiques sont étroitement mêlées , votre avis m'aurait hautement interessé...
Je ne suis certainement pas le seul.
Avec le recul , une sage analyse n'arrive pas trop tard ...Les passions sont éteintes et le feu aussi !!!
...de vous lire ?
Respectieusement.
Jean Pierre LE ROUX


PEYROT 23/09/2009 14:16


Cher Emmanuel, c'est toujours un grand plaisir de vous lire. Votre sens de l'humour et votre perspicacité nous permettent heureusement de dédramatiser cette psychose montante de la population face
à un virus bien moins dangereux que tous les autres qui ont pu toucher nos générations précédentes. A très vite pour un autre agréable déjeuner. Marjorie