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Samedi 20 décembre 2008
Ainsi cette année 2008 s’achève. Elle ne restera ni dans les mémoires ni dans les annales comme un grand « cru ». A tout le moins une potion amère à ingurgiter.

Ecroulement des places boursières mondiales, crise financière et bancaire durable, récession des économies développées dont on ne mesure pas encore toutes les conséquences, « lock-out » multiples et cascades de fermetures d’entreprises touchant tous les domaines d’activités sur l’ensemble des continents, pertes d’emplois par dizaines de milliers avec son lot de misère et d’incertitude, mise à mal de l’économie de marché débridée en tant que fondement de notre civilisation « marketing » sont autant de signes avant coureurs de transformations brutales à venir.
Mais au delà de ce « coup de grisou » qu’aucun économiste n’avait vu venir, le plus révoltant réside dans les milliards d’euros et de dollars partis en fumées en un éclair, les risques financiers inconsidérés pris par des spéculateurs sans foi ni loi, les banqueroutes répétées du fait de « traders » dont le seul objet reste le gain à tout crin au mépris de la clientèle, le recel de fortunes intouchables dans des paradis fiscaux dont personne ne souhaite véritablement la disparition, ces structures de contrôle et de suivi des finances mondiales jugées inopérantes mais toujours garantes du système, tous ces parachutes dorés aux sommes inouïes et, bien souvent, injustement accordés à des dirigeants contestés et tous ces co-responsables à l’origine de la crise qui demeurent « accrochés » à leur fauteuil donnent la mesure du mal qui nous ronge: impéritie et gabegie.

Comment alors ne pas comprendre cette désespérance latente teinté de révolte, ce désintérêt général pour adhérer à tout collectif qui ne reflète plus vraiment les attentes inquiètes, ces manifestations croissantes et violentes qui touchent, sans distinction, toutes les classes sociales : ce brusque repli sur soi ne traduit-il pas une perte de confiance durable pour la chose publique qui a failli ?

Et puis, au delà de ce traumatisme humain qui affecte nos sociétés développées, de cette inquiétude partagée quant à notre devenir collectif, de ce questionnement lancinant concernant « l’après », de ce doute qui imprègne les esprits et les cœurs, où que puisse se tourner notre regard inquiet, rien ne semble devoir nous pousser à l’optimisme.

Guerres de la drogue au Mexique, en Colombie et sous d’autres latitudes sud-américaines, terrorisme en Inde et au Pakistan, guerre larvée au Proche Orient, piraterie organisée dans l’Océan Indien, massacres de Chrétiens en Extrême Orient, peuples d’Afrique soumis aux dictatures, aux massacres organisés, aux pénuries et aux maladies, engagements armés pour lutter contre les mafias en Europe, coalition des Etats contre le terrorisme international en Afghanistan et en Irak, reprise de la course aux armements, développement des capacités nucléaires militaires, terrorisme urbain latent, soubresauts en ex-Yougoslavie, luttes entre gangs dans nos banlieues, corruption prégnante, incivilités croissantes au cœur même de nos sociétés et incapacité générale à relever les défis de la paix sont quelques unes des images, en accéléré, de notre monde qui semble avoir perdu toute raison. Une absence de boussole; une dérive assurée et risquée où la vie est progressivement dépecée de son caractère sacré.

Dans ces conditions Noël devrait être, en cette fin d’année 2008 et davantage encore compte tenu de ce qui est et de ce que nous pourrions vivre demain, en pire,  un court instant de recueillement, de sursaut, d’introspection et de Foi.

Saurons-nous encore nous émerveiller ?



Par Général de Richoufftz - Publié dans : Coups de gueule...
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Commentaires

Seulement ceux qui le pourront encore, s'émerveilleront bien sûr...Hamdoulilah, Amen et Tutti Quanti !
Commentaire n°1 posté par Xavier Moreau le 20/12/2008 à 21h31
merci de ce synthetique mais rell resume mon general.
2009  annee de tous les danger qui peut etre va redonner le gout de la foi et des vraies Valeurs de Charite et d Humanite.....sinon ca va etre saignant
salut a xm
Commentaire n°2 posté par SPRAVA le 20/12/2008 à 21h51
bonnes vacances mon général et merci pour ce résumé très bien écrit!
Commentaire n°3 posté par louis le 21/12/2008 à 04h02
bonjour mon Général
excellente analyse
je suis convaincu qu'un beau jour il y a aura de nouveaux
dirigeants qui remettront l'homme au coeur du système .
l'espoir est de ce coté là .
Joyeux Noel à vous et a votre famille .
Joyeux Noel aussi à la LEGION présente sur notre belle planète
bleue  ; j'estime au plus haut point cette arme ou on rencontre
le don de soi le plus total .
bien cordialement
ASMUND
Commentaire n°4 posté par ASMUND le 21/12/2008 à 14h53

Il faut regarder la réalité en face, en l'état actuel, nous sommes aussi impuissants que l'aborigène face à la mitrailleuse; ou que la vache qui regarde passer le train.
Les prises de consciences, la liberté de paroles dont on bénéficie ici, c'est bien;  mais pour que nous nous rétablissions dans notre dignité à nous tous, à un moment, il va falloir passer à la phase action.
Pour voir la chose d'une manière positive, si l'on souffre, c'est qu'on n'est pas encore mort; on est juste écartelé entre un héritage culturel et moral (eh oui) occidental hérité du christianisme et des philosophes grecs, et un quotidien rythmé par des usages et impératifs dictés par une sphère financière apatride, amorale, et sûre de son impunité.
Clin d'oeil de l'histoire ? Est-ce un hasard si ça pète en Grèce ?
Dans la mesure du possible, notre responsabilité à nous, elle consiste à promouvoir et/ou participer à des dynamiques de résistance avant de voir notre jeunesse en venir là.
Et cet effort sera d'autant plus efficace qu'il se concentrera là où tout se joue: la scène politique ne constitue qu'un funeste théâtre de divertissement pour éloigner les masses populaires des véritables débats et tractations qui conditionneront leur avenir et qui sont finalisés sans elles. Au bout du compte, l'électeur en est réduit à choisir entre fromage et fromage au moment où on lui demande de "se prononcer"...

Le problème il se résume donc à un déficit démocratique.

Notre efficacité à nous, j'allais dire notre dignité, c'est de rétablir le citoyen dans son rôle de décideur et obliger les "donneurs d'ordre" (le grand patronnat) à prendre en compte les traditions, intérêts et exigences qui sont les notres; les aider à se souvenir que nous ne sommes pas que des consommateurs condamnés à départager leurs candidats, des estomacs standardisés qui ne demandent qu'à être remplis.

Consommer, c'est voter au quotidien
Mon idée serait de mettre en place un site multicritères politiquement neutre qui classerait les entreprises les unes par rapport aux autres (80% des infos afférentes sont publiques) selon des critères sociaux simples et vérifiables.
Selon la sensibilité dont il se prévaut, l'internaute peut ainsi, à sa mesure, influer sur le cours de sa vie quotidienne sans attendre qu'on le lui demande en privilégiant la consommation de ce qui est produit selon ses attentes à lui.
Ce serait intéressant peut-être.

Je réalise professionnellement des sites internet, donc la question technique ne se pose pas; je pense qu'en sollicitant les lumières d'un amateur et/ou étudiant en économie, il doit être possible de retenir les critères et les sources d'information nécessaires pour monter un classement pas forcémment incontestable, mais du moins crédible.

Qu'en pensez-vous tous ?
Seriez-vous prêts à soutenir d'une manière ou d'une autre le projet ?

Commentaire n°5 posté par Lepen le 25/12/2008 à 18h21

Economie de marche debridee? speculateurs sans foi ni loi? gain a tout prix?

Que des pensees originales donc.

De nos jours, le plus impardonnable, avec la source d'informations qu'est l'internet, c'est de debiter des aneries pareilles. Quand on ne sait pas, on se renseigne.

Votre seul commentaire qui tient un peu la route, c'est de dire que la chose publique a failli (ce qui correspond mal aux marches debrides mais passons). Mais ca ne vous interpelle pas plus que ca.

Et si la chose publique etait responsable? Et si le fait de promettre le paradis sur terre (mentir en gros), et de faire vivre le pays au dessus de ses moyens pendant des dizaines d'annees n'etait pas la vraie raison?

La crise financiere est la consequence de la mauvaise gestion de la chose publique (qui, confirmant ce que je pense de sa competence, ne trouve pas mieux que de s'enfoncer encore plus dans le meme modele), pas le contraire. Il serait bon de s'en rappeler.

Commentaire n°6 posté par Pascal Giraud le 07/01/2009 à 17h13
Pour tout vous dire, Pascal Giraud, on vous attendait pour trouver des réponses aux malheurs de ce monde qui nous accable, et que nous ne comprenons pas.
Chacun a essayé de meubler avec ses moyens, en attendant que vous veniez nous éclairer de vos lumières :)
Commentaire n°7 posté par Lepen le 08/01/2009 à 15h45
bsr mon général joré une question a vous demandez serai t'il posible de rentré ds l'armé aprés une désertion? jaimerai savoir personne arive a me repondre.. merci d'avance bonne soiré
Commentaire n°8 posté par sébastien le 06/02/2009 à 00h45
Y'a un job qui pourrait te convenir dans les landes: Ils cherchent des attrapeurs de volaille (même débutants, ils assurent la formation). Aucun risque que tu désertes, tu seras dans l'enclos avec les poules.
Commentaire n°9 posté par Lepen le 09/02/2009 à 14h30
L
'un des auteurs classiques de la géopolitique, Halford J. Mackinder (1861-1947), un amiral britannique qui professa la géographie à Oxford, défendait  comme thèse centrale que les grandes dynamiques géopolitiques de la planète s'articulaient autour d'un cœur du monde (Heartland), l'Eurasie. Pivot  de  la  politique mondiale que la puissance maritime ne parvenait pas à atteindre,  l'Eurasie avait pour cœur intime la Russie, un Empire qui « occupait dans  l'ensemble du monde la  position stratégique centrale qu'occupe l'Allemagne  en Europe. »


La théorie de Halford J. Mackinder

Autour de cet épicentre des secousses géopolitiques mondiales, protégé par une ceinture faite d'obstacles naturels (vide sibérien, Himalaya, désert de  Gobi, Tibet) que Mackinder appelle le croissant intérieur, s'étendent les  rivages  du  continent  eurasiatique : Europe de l'Ouest, Moyen-Orient, Asie du Sud et de  l'Est.

Au-delà de ces rivages, par-delà les obstacles marins, deux systèmes insulaires viennent compléter l'encadrement du heartland : la Grande-Bretagne et  le  Japon, têtes de pont d'un croissant plus éloigné auquel les Etats-Unis appartiennent. Selon cette vision du monde, les puissances maritimes mondiales, les thalassocraties que défend Mackinder, doivent empêcher l'unité continentale eurasiatique. Elles doivent donc maintenir les  divisions  Est/Ouest entre les principales puissances continentales capables de nouer des alliances (France / Allemagne, Allemagne / Russie, Russie / Chine) mais aussi contrôler les rivages du continent eurasiatique. Cette matrice anglo-saxonne, que l'on peut appliquer au cas de l'Empire britannique au XIXe  siècle, comme à celui de la thalassocratie américaine au XXe siècle, reste un outil pertinent pour comprendre la géopolitique d'aujourd'hui. La  théorie de Mackinder nous rappelle deux choses que les thalassocraties anglo-saxonnes  n'ont jamais oubliées : il n'y a pas de projet européen de puissance (d'Europe puissance) sans une Allemagne forte et indépendante (or l'Allemagne reste  largement sous l'emprise américaine depuis 1945) ; il n'y a pas d'équilibre mondial face au mondialisme américain sans une Russie forte.

Il n'y a pas d'équilibre mondial face au mondialisme américain sans une Russie forte

L'Amérique veut l'Amérique-monde ; le but de sa politique étrangère, bien au-delà de la seule optimisation de ses intérêts stratégiques et économiques du pays, c'est la transformation du  monde à l'image de la société américaine. L'Amérique est messianique et là est le moteur intime de sa projection de puissance. En 1941, en signant la charte de l'Atlantique, Roosevelt et Churchill donnaient une feuille de route au rêve du gouvernement mondial visant à organiser une  mondialisation  libérale  et  démocratique. Jusqu'en 1947, l'Amérique aspira à la convergence avec l'URSS dans l'idée de former avec celle-ci un gouvernement mondial et ce malgré l'irréductibilité évidente des deux  mondialismes américain et soviétique. Deux ans après l'effondrement  européen de 1945, les Américains comprirent qu'ils ne parviendraient pas à entraîner les Soviétiques dans leur mondialisme libéral et ils se résignèrent à rétrécir géographiquement leur projet : l'atlantisme remplaça provisoirement le mondialisme. Puis, en 1989, lorsque l'URSS vacilla, le rêve mondialiste  redressa la tête et poussa l'Amérique à accélérer son déploiement mondial. Un nouvel ennemi global, sur le cadavre du communisme, fournissait un nouveau prétexte à la projection globale : le terrorisme islamiste. Durant la guerre froide, les Américains avaient fait croître cet ennemi, pour qu'il barre la route à des révolutions socialistes qui se seraient tournées vers la Russie soviétique. L'islamisme sunnite avait été l'allié des Américains contre la Russie soviétique en Afghanistan. Ce fut le premier creuset de formation de combattants islamistes sunnites, la matrice d'Al-Qaida comme celle des islamistes algériens... Puis il y eut la révolution fondamentaliste chiite et l'abandon  par  les Américains du shah d'Iran en 1979. Le calcul de Washington fut que l'Iran fondamentaliste chiite ne s'allierait pas à l'URSS, contrairement à une révolution marxiste, et qu'il offrirait un contrepoids aux fondamentalistes sunnites. Dans le monde arabe, ce furent les Frères musulmans qui, d'Egypte à la Syrie, furent encouragés. Washington poussa l'Irak contre l'Iran, et inversement, suivant le principe du « let them kill themselves » (« laissez-les s'entretuer ») déjà appliqué aux peuples russe et allemand, afin de détruire un nationalisme arabe en contradiction avec les intérêts d'Israël. L'alliance perdura après la chute de l'URSS. Elle fut à l'œuvre dans la démolition de l'édifce yougoslave et la création de deux Etats musulmans en Europe, la Bosnie-Herzégovine puis le Kosovo.


L'islamisme a toujours été utile aux Américains

L'islamisme a toujours été utile aux Américains, tant dans sa situation d'allié  face au communisme durant la guerre froide que dans sa nouvelle fonction d'ennemi officiel depuis la fin de la bipolarité. Certes, les islamistes existent réellement : ils ne sont pas une création imaginaire de l'Amérique ; ils ont une capacité de nuisance et de déstabilisation indéniable. Mais s'ils peuvent prendre des vies, ils ne changeront pas la donne de la puissance dans le  monde et, à long terme, ils sont moins dangereux pour les Européens que ne l'est l'immigration musulmane de masse, phénomène en apparence lent et pacifque d'étouffement des populations européennes de souche. La guerre  contre l'islamisme n'est que le paravent officiel d'une guerre beaucoup plus  sérieuse : la guerre de l'Amérique contre les puissances eurasiatiques. Après la disparition de l'URSS, il est apparu clairement aux Américains qu'une puissance continentale par la combinaison de sa masse démographique et de son potentiel industriel, pouvait briser le projet d'Amérique-monde : la Chine. La formidable ascension industrielle et commerciale de la Chine face à l'Amérique fait penser à la situation de l'Allemagne qui, à la veille de la Première Guerre mondiale, rattrapait et dépassait les thalassocraties anglo-saxonnes. Ce fut la cause première de la Première Guerre mondiale. Si la Chine se hisse au tout premier rang des puissances, pensent les stratèges américains, par la combinaison de sa croissance économique et de son indépendance géopolitique, et tout en conservant son modèle confucéen à l'abri du démocratisme occidental, alors c'en est fini de l'Amérique-monde. Les Américains peuvent renoncer à leur Destinée manifeste de 1845 ainsi qu'au messianisme de leurs pères fondateurs, fondamentalistes biblistes ou francs-maçons. Alors que l'URSS venait à peine de s'effondrer, les stratèges américains orientèrent donc leurs réflexions sur la manière de contenir l'ascension de la Chine. Sans doute comprirent-ils alors toute l'actualité du raisonnement de Mackinder. Les AngloSaxons avaient détruit le projet eurasiatique des Allemands, puis celui des Ruses ; il leur fallait abattre celui des Chinois. Une nouvelle fois la Mer voulait faire pièce à la Terre. La  guerre humanitaire et la guerre contre le terrorisme seraient les nouveaux prétextes servant à masquer les buts réels de la nouvelle grande guerre eurasiatique : la Chine comme cible, la Russie comme enjeu, conditions pour emporter la bataille.


La Chine comme cible

La Chine comme cible parce que seule la Chine est une puissance capable de  dépasser l'Amérique dans le rang de la puissance matérielle à un horizon de vingt ans. La Russie comme enjeu parce que de son orientation stratégique découlera largement l'organisation du monde de demain : unipolaire ou multipolaire. Face à la Chine, les Américains entreprirent de déployer une  nouvelle stratégie globale articulée sur plusieurs volets :

* L'extension d'un bloc transatlantique élargi jusqu'aux frontières de la Russie et à l'ouest de la Chine.
* Le contrôle de la dépendance é
Commentaire n°10 posté par Lepen le 08/03/2009 à 19h31


* Le contrôle de la dépendance énergétique de la Chine.
* L'encerclement de la Chine par la recherche ou le renforcement d'alliances avec des adversaires séculaires de l'empire du Milieu (les Indiens, les Vietnamiens, les Coréens, les Japonais, les Taïwanais)
* L'affaiblissement de l'équilibre entre les grandes puissances nucléaires par le développement du bouclier anti-missile.
* L'instrumentalisation des séparatismes (en Serbie, en Russie, en Chine, et jusqu'aux confins de l'Indonésie) et le remaniement de la carte des frontières (au Moyen-Orient arabe)


L'alliance « de Vladivostok à Vancouver » .

Washington a cru, dès 1990, pouvoir faire basculer la Russie de son côté, pour former un vaste bloc transatlantique de Washington à Moscou avec au milieu  la périphérie européenne atlantisée depuis l'effondrement européen de 1945. Ce fut la phrase de George Bush père, lequel en 1989 appelait à la formation d'une alliance « de Vladivostok à Vancouver » ; en somme le monde blanc organisé sous la tutelle de l'Amérique, une nation paradoxalement appelée, par le contenu même de son idéologie, à ne plus être majoritairement  blanche à l'horizon 2050. L'élection d'Obama à la présidence en novembre  2008 ne fait d'ailleurs qu'annoncer cette sortie définitive du monde européen. Que certains occidentalistes comptent sur l'Amérique pour sauver l'espèce européenne alors que ni la Chine ni la Russie ne prônent le mélange, bien au contraire, est un paradoxe qu'il convient de méditer. L'extension du bloc transatlantique est la première dimension du grand jeu eurasiatique. Les  Américains ont non seulement conservé l'OTAN après la disparition du pacte de Varsovie, mais ils lui ont redonné de la vigueur : premièrement l'OTAN est  passé du droit international classique (intervention uniquement en cas d'agression d'un Etat membre de l'Alliance) au droit  d'ingérence. La guerre contre la Serbie, en 1999, a marqué cette transition et ce découplage entre l'OTAN et le droit international. Deuxièmement, l'OTAN a intégré les pays  d'Europe centrale et d'Europe orientale. Les espaces baltiques et yougoslave (Croatie, Bosnie, Kosovo) ont été intégrés à la sphère d'influence de l'OTAN. Pour étendre encore l'OTAN et resserrer l'étau autour de la Russie, les Américains ont fomenté les révolutions colorées (Géorgie  en 2003, Ukraine  en  2004, Kirghizstan en  2005), ces retournements politiques non violents,  financés et soutenus par des fondations et des ONG américaines, lesquelles visaient à installer des gouvernements anti-russes. Une fois au pouvoir, le  président ukrainien pro-occidental demanda naturellement le départ de la flotte russe des ports de Crimée et l'entrée de son pays dans l'OTAN. Quant au président géorgien, il devait, dès 2003, militer pour l'adhésion de son  pays dans l'OTAN et l'éviction des forces de paix russes dédiées depuis 1992 à la protection des populations abkhases et sud ossètes. A la veille du 11 septembre 2001, grâce à l'OTAN, l'Amérique avait déjà étendu fortement son  emprise sur l'Europe. Elle avait renforcé l'islam bosniaque et albanais et fait reculer la Russie de l'espace yougoslave. Durant les dix premières années post-guerre froide, la Russie n'avait donc cessé de subir les avancées américaines. Des oligarques souvent étrangers à l'intérêt national russe  s'étaient partagé ses richesses pétrolières et des conseillers libéraux  proaméricains entouraient le président Eltsine. La Russie était empêtrée dans le conflit tchétchène, remué largement par les Américains comme d'ailleurs l'ensemble des abcès islamistes.


L'accession de Poutine

Le monde semblait s'enfoncer lentement mais sûrement dans l'ordre mondial américain, dans l'unipolarité. En 2000, un événement considérable, que je pense même être le plus important depuis la fin de la guerre froide (plus important encore que le 11 septembre 2001) se produisit pourtant : l'accession au pouvoir de Vladimir Poutine. L'un de ces retournements de l'histoire qui ont pour conséquence de ramener celle-ci à ses fondamentaux, à ses constantes. Poutine avait un programme très clair :redresser la Russie à partir du levier énergétique. Il fallait reprendre le contrôle des richesses du sous-sol des mains d'oligarques peu soucieux de  l'intérêt de l'empire. Il fallait construire de puissants opérateurs pétroliers (Rosneft) et gazier (Gazprom) russes liés à l'Etat et à sa vision stratégique. Mais Poutine ne dévoilait pas encore ses intentions quant au bras de fer américano-chinois. Il laissait planer le doute. Certains, dont je fais d'ailleurs partie puisque j'analysais à l'époque la convergence russo-américaine comme  passagère et opportune (le discours américain de la guerre contre le terrorisme interdisait en effet momentanément la critique américaine à propos de l'action russe en Tchétchénie), avaient compris dès le début que Poutine reconstruirait la politique indépendante de la Russie ; d'autres pensaient au contraire qu'il serait occidentaliste. Il lui fallait finir la Tchétchénie et reprendre le pétrole. La tâche était lourde. Un symptôme évident pourtant  montrait que Poutine allait reprendre les fondamentaux de la grande politique russe : le changement favorable à l'Iran et la reprise des ventes d'armes à destination de ce pays ainsi que la relance de la coopération en matière de nucléaire civil.

Pourquoi alors l'accession de Poutine était-elle un événement si considérable ? Sans apparaître à l'époque de manière éclatante, cette arrivée signifiait que l'unipolarité américaine, sans la poursuite de l'intégration de la Russie à l'espace transatlantique, était désormais vouée à l'échec, et avec elle par conséquent la grande stratégie visant à briser la Chine et à prévenir l'émergence d'un monde multipolaire. Au-delà encore, nombre d'Européens ne perçurent pas immédiatement que Poutine portait l'espoir d'une réponse aux défis de la compétition économique mondiale fondée sur l'identité et la civilisation. Sans doute les Américains, eux, le comprirent-ils mieux que les Européens de l'Ouest. George Bush n'en fit-il pas l'aveu lorsqu'il avoua un jour qu'il avait vu en Poutine un homme habité profondément par l'intérêt de son pays ? Le 11 septembre 2001 offrit pourtant l'occasion aux Américains d'accélérer leur programme d'unipolarité. Au nom de la lutte contre le mal qu'ils avaient eux-mêmes fabriqué, ils purent obtenir une solidarité sans faille des Européens (donc plus d'atlantisme et moins d'Europepuissance), un rapprochement conjoncturel avec Moscou (pour écraser le séparatisme  tchétchéno-islamiste), un recul de la Chine d'Asie centrale face à l'entente russo-américaine dans les républiques musulmanes ex-soviétiques, un pied en Afghanistan, à l'ouest de la Chine donc et au sud de la Russie, et un retour marqué en Asie du Sud-Est.

Mais l'euphorie américaine en Asie centrale ne dura que quatre ans. La peur d'une révolution colorée en Ouzbékistan poussa le pouvoir ouzbek, un moment tenté de devenir la grande puissance d'Asie centrale en faisant contrepoids au grand frère russe, à évincer les Américains et à se rapprocher de Moscou. Washington perdit alors, à partir de 2005, de nombreuses positions en Asie centrale, tandis qu'en Afghanistan, malgré les contingents de supplétifs qu'elle  ponctionne à des Etats européens incapables de prendre le destin de leur civilisation en main, elle continue de perdre du terrain face à l'alliance talibano-pakistanaise, soutenue discrètement en sous-main par les Chinois qui veulent voir l'Amérique refoulée d'Asie centrale. Les Chinois, de nouveau, peuvent espérer prendre des parts du pétrole kazakh et du gaz turkmène et construire ainsi des routes d'acheminement vers leur Turkestan (le Xinjiang). Pékin tourne ses espoirs énergétiques vers la Russie qui équilibr
Commentaire n°11 posté par Lepen le 08/03/2009 à 19h34

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"Le véritable lien armées-nation est quelque chose de trop important pour être continuellement exprimé. C'est quelque chose qui est évident que les gens n'y prennent plus garde, et ce sentiment ressurgi dans les moments difficiles, comme maintenant avec ces soldats tombés en Afghanistan. J'ai l'impression en revanche que les gens ne considèrent l'armée plus que périodiquement, dans des élans patriotiques similaires à ceux qu'on voit lors des coupes du monde ou des JO. Or l'armée n'est pas une équipe de football ou de rugby; l'enjeux est incomparable. Le lien qui vous est cher, Général De Richoufftz, existe, mais il est sommeillant, il se réveille périodiquement, mais pas tout le temps, du moins c'est mon impression. Dans tous les cas, je trouve votre travail très intéressant bien que je n'en aie consulté qu'une partie encore. Cordialement," Lorraine


"A Jacques : je suis heureux de cette réaction d'Emmanuel, qui n'a jamais hésité à mettre sa carrière (ou son commandement d'unité) en jeu pour défendre ses idées, et a pris les plus grands risques sans se cacher derrière l'anonymat. Le devoir de réserve, c'est clairement une obligation de ne pas faire état de ses divergences de vues pour l'intérêt du service. La règle est claire. Mais la règle de l'honneur et du sens de l'intérêt collectif est tout aussi claire, si c'est l'intérêt du service, et qui plus est du service public, qui est en jeu, l'obligation du fonctionnaire, qu'il soit civil ou militaire, est bien de remetttre publiquement sa démission pour ne pas entériner ce qu'il pense être un manquement ou dévoiement de la mission. Nos généraux anonymes se content de tirer la sonnette d'alarme sans remettre leur carrière en jeu. Sans doute pensent-ils que la situation n'est pas assez grave. C'est là qu'ils se trompent, et que leur démonstration finalement tombe à plat, faute d'être pleinement assumée. Hommage à ceux qui signent !" Pierre Bayle "Les Européens veulent des Droits égaux pour tous. Les Allemands revendiquent comme les Irlandais, les Français, les Hollandais ou les Espagnols le Droit de dire NON. SARKOZY saura t il les comprendre aussi ?" Sophie

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