Nouvelles batailles...!

Publié le par E.R.

Le monde tel qu’il s’organise depuis une trentaine d’années maintenant et la manière dont nous subissons l’accélération de ce qui semble être une marche forcée vers le tout économique, témoigne d’une transformation majeure des relations internationales c’est à dire des rapports humains que nous entretenons les uns avec les autres sur la planète Terre.
Les années quatre-vingt dix marquent une rupture flagrante entre deux époques. C’est une mise entre parenthèses, durable je crois, des idéologies qui avaient « façonnées » les esprits et la géographie de notre « village planétaire » des siècles durant car sous-tendant les actions militaires incessantes, et traduction des luttes fratricides entre les peuples. Ces luttes paraissent avoir été définitivement si ce n’est jetées aux poubelles de l’histoire du moins effacées de nos mémoires : le temps passe !
Nul ne peut prédire une quelconque reprise de conflits aux échelles et dans la durée que nos grands parents et arrière grands parents ont connues, tant leur probabilité d’occurrence apparaît faible voire appartient à un passé révolu. En est-ce pour autant fini durablement avec les «grandes batailles» qui sont la traduction, sur le terrain, du choc des idéologies portées à leur paroxysme ?

Certainement, car les rapports confiants, raisonnables, établis entre les Etats à la fin du second conflit mondial comme la reconnaissance des grandes organisations internationales qui « prennent la main » en politique, le fait nucléaire -« épée de Damoclès »- et l’incertitude que font peser ces armes à d’éventuels «trouble-fêtes » dans un monde en paix, la suractivité des médias à la fois  témoin gênant et bonne conscience universelle, sont autant de garde-fous bien ancrés et durables qui nous mettent à l’abri des  velléités politiques et idéologiques démesurées qui se traduiraient en belligérances militaires d’envergure.
Je crois qu’il y a lieu d’être confiant  quant à l’avenir post « guerre froide » pour ce qui concerne une remilitarisation telle que nous l’a enseignée l’histoire d’entre les deux derniers conflits mondiaux et cette course aux armements démesurée qui a marqué la deuxième moitié du XXème siècle.
Nous sommes désormais, et bien malgré nous, confrontés à une autre logique: celle du tout économique.
Un système qui est associé à l’émergence d’une démocratie universelle comme règle politique et désormais acceptée par l’essentiel des Etats. Il ne m’appartient pas ici de me faire le chantre du libéralisme avancé ou le défenseur d’une quelconque économie planifiée !
Autrement dit le monde moderne a transformé la fonction militaire. Ne nous trouvons-nous pas désormais dans une logique de légitimité de l’Etat qui ne serait plus « comment vais-je préparer la guerre, la conduire et la gagner ? » mais plutôt « comment vais-je préparer ma population à la compétition internationale ? »…
Je crois qu’il devient urgent, pour notre devenir en tant que Nation, de trouver les voies et les moyens, comme les éventuelles parades, qui puissent nous permettre, collectivement, de relever le défi de ce que l’on appelle la mondialisation. Comme je l’ai dit et écrit à plusieurs reprises, le dynamisme de nos alliés est apparu tel dès lors qu’il s’est agit de conquérir des marchés post-conflits au cours de ces années là, y compris dans le cadre d’alliances militaires où nous avions toute notre place, que ceux-ci se sont déclarés de redoutables adversaires économiques ayant une claire conscience des nouveaux enjeux et déployant, en conséquence, l’organisation, les moyens et les hommes pour « gagner » ; c’est de bonne guerre !
Dans ces conditions il s’agit de placer nos chefs d’entreprise -qui sont les « guerriers » au quotidien- en position de ne pas perdre, voire de conquérir de nouveaux marchés, dans ce contexte de guerre…économique à l’échelle planétaire. Autant les grands groupes qui disposent de capacités financières suffisantes, de la « matière grise » en nombre et d’une « assise » géographique élargie peuvent faire face aux défis d’une concurrence  désormais exacerbée, autant parmi les 2 300 000 PME françaises, les 180 000 d’entre elles qui emploient entre 9 et 200 salariés et qui représentent plus des deux tiers des emplois du secteur productif français n’ont pas les mêmes capacités.

Pourtant ces entreprises à fort potentiel de croissance constituent le terreau des futurs intérêts de puissance de notre pays. Elles représentent l’avenir, notre devenir.  Bénéficiant de capitaux exclusivement nationaux et recrutant des collaborateurs issus de nos écoles et formés par notre système éducatif, « collées » aux réalités locales elles apparaissent bien comme le « porte drapeau » de cette France qui a tout pour gagner. Dans ces conditions pourquoi ne pas parler de patriotisme économique où la survie passe d’abord par le « made in France »?
Toutefois des effectifs comptés -faibles au regard de leurs homologues étrangers-, un contexte bien Français qui ne prédispose pas vraiment à l’établissement de plates-formes de compétences Public/privé ni à des coopérations de circonstance à même de fédérer les énergies, les nouvelles « règles du jeu »mondiales qui mettent la compétition économique au cœur des relations internationales sont autant de critères décisifs pour exister.
Dans ces conditions ces chefs d’entreprise se doivent d’être en permanence dans l’action et la décision, bien souvent aux dépens du recueil de l’information pourtant essentielle à leur développement sur le moyen et le long terme.
Ce manque crucial a conduit un certain nombre de jeunes entrepreneurs de la région parisienne à réagir afin de relever le défi de la compétitivité.

Réservistes citoyens pour la plupart -civils à la fois volontaires et bénévoles pour « Servir » leur Patrie à un moment donné- ils se sont mobilisés début 2005 afin de sensibiliser leurs pairs à la nécessité de « faire quelque chose ».Très logiquement ils se sont associés, dans leur démarche, à la Défense, dont ils dépendent en tant que réservistes, afin de développer une plate-forme civilo-militaire susceptible d’apporter une « première réponse ».
En effet transposer des méthodes de réflexion et de raisonnement, habituellement consacrées à l’étude de la tactique de nos élites militaires, à l’intention de nos PME avec un vocable « civilianisé » est une première étape d’un cheminement qui a été voulu  pragmatique à dessein. L‘idée qui a prévalu était de placer les dirigeants, qui le souhaitaient, dans une logique plus offensive, en tout état de cause de sensibiliser progressivement le plus grand nombre d’entre eux à une démarche de conquête de marchés en milieu fortement concurrentiel...

Le fruit de ce premier travail en commun est un petit document recto verso, pliable et de format de poche, mémento à l’usage des PME à potentiel de croissance : disposer d’un pense-bête qui permette de conduire une analyse, et d’une méthodologie d’élaboration de décisions opérationnelles. Ainsi chacun peut définir un plan d’action prévisionnel cohérent pour ce qui concerne le développement de ses activités.
En quelques semaines le projet -premier volet d’un ensemble cohérent- a été plébiscité pour son pragmatisme et a rallié, de fait, de très nombreux participants et adhérents parce qu’il correspond à une véritable attente.

En faisant comprendre et partager une certaine « vision » de la France à ceux et celles qui sont les « chevaux légers » de notre économie, en leur donnant ainsi la « capacité de gagner » dans un environnement de plus en plus compétitif pour ne pas dire hostile, cette plate-forme pluridisciplinaire civilo-militaire apporte aux dirigeants des PME une opportunité précieuse d’intégrer ainsi la notion d’intelligence économique à leur développement. Et leur développement signifie aussi le retour à l’emploi.
Pour les armées de la Nation c’est faire œuvre utile: c’est s’intégrer à la Nation dont elles sont, ne l’oublions pas, l’émanation.

(Retrouvez les acteurs du projet « mémento » sur le site : www.itb.fr )

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