Perception erronée !

Publié le par Général de Richoufftz

La mort brutale, lundi 18 août, de dix de nos soldats engagés en Afghanistan et la mise hors de combat, par blessures, d’une vingtaine de combattants, chiffre non négligeable en terme de pertes cumulées au cours d’un même accrochage, comme l’émotion qui s’est faite jour dans le pays au cours de la semaine ou du caractère polémique d’un certain nombre de prise de position concernant notre engagement militaire sur ce théâtre des opérations, en particulier, me paraît révélateur de notre état d’esprit, jusqu’à cette date.

Notre continent est en paix depuis plus de soixante années maintenant : c’est une première dans notre histoire européenne mouvementée, moyenâgeuse et contemporaine ! De fait la construction politique est comprise, vécue et ressentie - par les générations de l’après-guerre, majoritaires dans nos sociétés développées et actrices de notre devenir - comme notre assurance-vie : un développement en commun, partagé, et, par voie de conséquence, un mieux être économique pour chacun, indissociable de la vie démocratique. Tout « retour en arrière » apparaît impossible et toute remise en cause majeure, chimère.
Dans ces conditions le militarisme de conquête comme règlement des litiges, des crises et des ambitions idéologiques et politiques, et la course aux armements qui le sous-tendait sur le continent, a vécu. La guerre « totale » avec sa démesure et ses excès, ses « exemples » que furent la guerre de 1914-1918 puis le second conflit mondial, a sans doute vécu sur notre Vieux Continent. Dans l’esprit de nombreux  responsables politiques, le temps était venu de « tirer les dividendes de la paix ». L’opinion, partie-prenante, ne pouvait être que consentante…

Sans ennemi à nos portes - comme nous l’entendions encore jusqu’à l’écroulement des armées du Pacte de Varsovie -, donc sans avoir à défendre dorénavant le « pré-carré » national- progressivement fondu dans la structure européenne pacifiée- la conscription n’avait plus lieu d’être. L’armée professionnelle, moins nombreuse mais mieux entraînée, aurait donc à relever le défi de tout corps expéditionnaire : pouvoir être engagée, à tout moment, au-delà des frontières. C’est une modification considérable de notre posture, adaptée aux enjeux désormais mondiaux et aux menaces dirigées non plus seulement sur les forces armées mais sur nos ressortissants, hors de Métropole, et les citoyens de ce pays.
La lutte contre le terrorisme international et les mouvements armés qui le soutiennent ou dont ils sont issus, devient une priorité. C’est un engagement qui se fait nécessairement avec les autres, en coalitions, en raison de notre identité de vue au règlement de certaines crises, au partage de nos valeurs et au fait que nous n’avons plus ni les moyens ni les capacités de faire seul.

Ainsi depuis un quart de siècle, la partie professionnalisée de nos armées et les volontaires souhaitant  prendre un engagement pour la seule durée d’une opération, puis notre armée de métier depuis 1996, n’a pas cessé d’être engagée sur l’ensemble des théâtres d’opérations partout dans le monde.
Récupération de ressortissants nationaux et étrangers, libération d’otages, opérations de sécurisation et de contrôle de zones, interposition, missions humanitaires variées, maintien, restauration ou imposition de la paix, déminage, opérations de guerre, aide à la reconstruction, désarmement de factions, recueil de déplacés, formation de l’encadrement d’armées locales, soutien de forces, sont quelques unes des nombreuses tâches dévolues à nos soldats.

Pour un œil non averti, ces « soldats de la paix », nom dont on les a affublé dans les années quatre-vingt, - paraissant tout à la fois humanitaires et un peu gendarmes, tantôt boy-scouts ou garde-frontières, semblant être prémunis contre toute violence par le casque bleu dont ils sont parfois couverts, menant à bien les missions les plus complexes, parfois mis dans des situations iniques, d’une disponibilité et d’une bravoure sans faille, sans états d’âme, connaissant des pertes mais sans plus - entraient tout à fait dans le schéma consentant, consensuel et tellement confortable, pour notre société, ancrée dans ses certitudes de ni paix, ni guerre…

La réalité, si longtemps ignorée est bel et bien là : nous sommes en guerre !

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BOURRAT 24/10/2008 23:41

Oui, nous sommes en guerre. Les pertes énormes en une seule journée sont pour le prouver.

Papyves 27/08/2008 09:39

Très bel exercice de synthèse politico-militaire et analyse tout à fait juste de l'évolution de l'état d'esprit de la population de notre nation qui a été réveillée brutalement de sa torpeur.Les termes de Soldats de la Paix, Interposition, Soutien de la Paix, etc ... avaient insufflé insidieusement dans les esprits que la guerre, dans sa brutalité crue, était désormais du passé puisque maîtrisée par des instances internationales consensuelles.Espérons que la claque reçue soit salutaire en matière d'adaptation des moyens à la mission.

MAURIN-MICHELI 26/08/2008 22:48

Mon général, continuez par vos analyses et réflexions de nous apporter des éléments de réflexions dont nous avons besoin ainsi exprimés pour que le quotidien soit perçu avec différents éclairages.La connaissance et la réflexion nous sont nécessaire pour comprendre et avancer y compri dans nos bureau du ministère.CordialementMAJ Claire MARIN-MICHELI

Luc 26/08/2008 12:26

je suis d'accord avec vous sur un point: malgré ce que la plupart des gens pensent, nous sommes bien en guerre et il ne faudrait pas l'oublier!

Xavier Moreau 25/08/2008 12:25

Réforme de la carte des armées
 
Introduction sur la politique de défense 
Analyse des aspects positifs et négatifs de la réforme 
Livre blanc et carte militaire 
Alternative et propositions
 
Certains hommes doivent veiller à la sécurité pour que d’autres puissent dormir en paix !
Deux extraits distincts, un discours prononcé par le président Sarkozy ainsi qu’une information relayée par la presse, laissent apparaître, au-delà de la Lettre l’Esprit, dans lequel la réforme de l’institution militaire est, de nouveau engagée !
Le premier extrait fut prononcé à l’endroit de la Défense et de la Sécurité Nationale, Porte de Versailles le mardi 17 juin 2008. Morceaux choisis ! « (…) Chaque époque historique a un esprit. L’esprit du XXIème siècle, c’est la mondialisation. Prendre notre place dans ce monde nouveau, c’est notre premier objectif (…) Nous sommes membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU, nous portons une responsabilité particulière pour le maintien de la paix et de la sécurité internationale. Être membre permanent, ce n’est ni un statut, ni un privilège. C’est une mission au service du monde. J’ajoute que les pays qui souhaitent exercer ces responsabilités doivent aussi comme nous être prêts à en payer le prix du sang. J’entends que la France soit capable d’assumer cette responsabilité et de s’engager pour mettre en œuvre les principes de la Charte et la responsabilité de protéger. C’est ce qu’elle a fait encore cette année au Tchad, en prenant l’initiative, cher Bernard KOUCHNER, du déploiement de l’EUFOR. Et si la France n’avait pas été là, qui aurait fait à notre place ? C’est ce que nous faisons en Afghanistan avec le renforcement de notre contingent, dans le cadre des mandats de l’ONU. (…)Mais la mondialisation n’a éliminé ni les dangers, ni la guerre. Le monde est confronté au terrorisme de masse, aux tensions qui naissent de la course aux matières premières, à des risques naturels et technologiques croissants.(…) Dans ce monde qui change, où émergent de nouvelles puissances économiques et militaires, le poids démographique (ce n’est pas le cas de la France dont la natalité reste positive…d’où le luxe de pouvoir mener une politique « d’immigration choisie ») et économique de l’Occident décroît mécaniquement. Nous conservons des atouts considérables, grâce à notre dynamisme et à notre technologie.(…) La vérité c’est que nous devons arrêter de maintenir à bout de bras certains des matériels dont vous vous servez tous les jours : des avions ravitailleurs qui ont 45 ans, des blindés légers qui ont 28 ans, des hélicoptères Puma qui ont 30 ans. Alors il faut investir davantage dans les équipements. Et pour cela, il faut faire des choix.(…) J’entends dire « l’objectif d’économies l’a emporté sur les ambitions militaires ». C’est quand même extraordinaire ! C’est exactement l’inverse, ce que nous avons fait, avec le Premier ministre et le Gouvernement : ce sont précisément les économies qui permettront de réaliser les ambitions militaires qui correspondent à notre stratégie. C’est le bon usage de l’argent public qui permettra de renforcer nos capacités opérationnelles. (...) C’est pourquoi, je m’engage à consacrer 377 milliards d’euros d’ici 2020 à nos armées dont 200 milliards d’euros pour les équipements. Que l’on m’entende bien, le budget de la défense ne baissera pas, l’inflation sera compensée, et le budget progressera dès 2012, donc pendant mon mandat.(…) Les réformes que nous avons confiées à Hervé Morin, c’est 3 milliards d’euros de plus par an pour l’équipement des forces armées. C’est quelque chose, quand même, 3 milliards d’euros par an dans le contexte actuel. C’est une hausse de près de 20% des crédits d’équipement. On en a besoin et ce n’est pas du luxe. (…) Pour atteindre ces objectifs, les armées vont poursuivre leur modernisation, qu’elles ont entamée en 1996 avec la professionnalisation qui était une bonne décision. (…)Mais il faut revoir maintenant l’organisation de nos soutiens. Il faut concentrer les implantations. Il faut ramener les effectifs au niveau des objectifs opérationnels. D’ici 6 à 7 ans, le format global des armées, civils et militaires compris, sera de 225 000 hommes. L’armée de terre comptera 131 000 hommes, l’armée de l’air 50 000 hommes et la marine 44 000. Je sais, je l’assume, c’est une baisse substantielle des effectifs. Elle portera avant tout sur les soutiens et l’administration, ce qu’on dit souvent et qu’on fait si rarement. En même temps, des mesures d’accompagnement seront mises en oeuvre. Nous allons être inventifs pour compenser la fermeture ou le transfert des implantations militaires ; les territoires les plus fragiles seront accompagnés, j’en prends l’engagement. Les deux volets de ces mesures vous seront bientôt 7/13 présentés. Mais que les choses soient claires, dans mon esprit, l’armée, cela assure la sécurité de la nation, pas l’aménagement du territoire. Et les militaires n’y sont pour rien si les décisions politiques n’ont pas été prises. Je sais parfaitement qu’avec le Premier ministre et le ministre de la Défense, nous serons confrontés à des manifestations et à des protestations. Mais qu’est-ce que l’on veut, une armée qui fait de l’aménagement du territoire et qui n’est pas opérationnelle ou une armée opérationnelle qui assure la sécurité des Français et une politique gouvernementale, cher Hubert Falco, au service de l’aménagement du territoire ? Il faut choisir et ce débat là chacun sait que cela fait des décennies que nous le connaissons. Eh bien aujourd’hui, nous le tranchons. Et je le tranche et je l’assume.(…)».
La suite sur le lien suivant :
http://www.premier-ministre.gouv.fr/information/les_dossiers_actualites_19/livre_blanc_sur_defense_875/livre_blanc_1337/discours_president_republique_1338/
 
Le second, fut quant à lui, relayé et publié le 17 juin 2008, par la presse nationale toute entière.
« La sécurité de la nation, pas l'aménagement du territoire. Nous ne pouvons exclure la réapparition d'une menace majeure, de quelque nature qu'elle soit, qui mettrait en péril la survie même de la nation. Mais aujourd'hui, la menace immédiate est celle d'une attaque terroriste." C'est en ces termes que le chef des Armées Nicolas Sarkozy a justifié mardi 17 juin les orientations du Livre blanc sur la défense, qui prévoit des coupes conséquentes dans les effectifs de l'armée. Au nom de ce réajustement, Nicolas Sarkozy a d'abord confirmé que le budget de la défense ne baisserait pas et même qu'il progresserait à partir de 2012 en promettant aux militaires 377 milliards d'euros d'ici 2020, dont 200 milliards d'euros pour leur seul équipement. Cette nécessaire réorganisation passera par une "baisse substantielle des effectifs" des armées, qui seront ramenés à 225.000 hommes d'ici six à sept ans."Dans mon esprit, l'armée ça assure la sécurité de la nation, pas l'aménagement du territoire", a justifié Nicolas Sarkozy, en écho aux craintes exprimées par de nombreux maires ces dernières semaines.Le Livre blanc ne donne pas le détail des fermetures de bases et de casernes. Celles-ci seront annoncées dans les prochains jours par le ministre de la Défense, Hervé Morin. Mais "des mesures d'accompagnement seront mises en oeuvre", a promis Nicolas Sarkozy. "Nous allons être inventifs pour compenser la fermeture ou le transfert des implantations militaires" et "les territoires les plus fragiles seront accompagnés, j'en prends l'engagement ».
 
 
Introduction
 
L’esprit d’une nouvelle réorganisation structurelle politico-militaire : incompréhension ou avatar controversé ?
 
15 ans après une première et importante refondation, un nouveau Livre Blanc : quelle stratégie pour demain ?
 
Très logiquement et des suites des nombreux communiqués de presse, s’en suivirent  bien entendu toutes autant de  réactions, plus épidermiques les unes que les autres. Lesquelles provenant à la fois « de la rue » mais aussi et souvent d’une certaine représentation…Faut-il vraiment s’arrêter à l’opinion générale et aux « déchaînements » qui peuvent provenir de l’opposition comme des rangs mêmes des gouvernants ou autres « alliés » ? Quoi qu’il en soit, cela ne fera pas démentir quelles peuvent être les conséquences d’une, peut-être trop forte et en tous les cas, très novatrice médiatisation des politiques engagées ; aujourd’hui expression résolument devenue coutumière et représentative d’une époque d’une part, et d’une opinion « publique » peut-être également en profonde mutation par certains changements de valeurs... Concernant donc le communiqué qui nous intéresse et relatif au « Livre Blanc de la défense » d’une part et plus prosaïquement de la Carte militaire en suivant, six réactions choisies ; les deux premières, charité démocratiquement ordonnée, en provenance d’Internet et pour ainsi dire, en « réaction de la rue » ; ensuite, peut-être plus élaborée, des commentaires prononcés par des « spécialistes » des questions de défense !
 
 - «  L'Elysée reprend la main avec le souci de calmer le jeu après les tensions suscitées à la fois par le drame de Carcassonne, la démission du chef d'état-major de l'armée de terre et les réactions au Livre blanc. Absolument pas, il s'agit bien de calmer le jeu mais entre l'Elysée et les élus UMP. Si le président, chef des armées avait eu la moindre considération vis-à-vis de ce que pensent les armées, il n'aurait certainement pas traité les militaires "d'amateurs ».
 
- « Les français n'auraient pas besoin de leurs militaires, de leurs enseignants, de leurs chercheurs, de leurs hôpitaux etc., mais bien sûr, ils ont absolument besoin de voir le budget de l'Elysée tripler, de voir les Ministres se pavaner en robes des grands couturiers et exploser leurs budgets de fonctionnement, de s'assurer aussi que tous les députés aient une bien meilleure couverture sociale que les "pôv cons" de la populace, de voir les tapis rouges déroulés pour tous les dictateurs de la planète(...)».
 
Cette première réaction d’une femme française, tout comme d’ailleurs la seconde, assez épidermiques au demeurant, dans le cadre d’un Sondage exclusif Ifop pour le Journal du dimanche, ne dénote t-elle pas une certaine lassitude dans l’opinion, et pour une frange de la population de plus en plus importante ? Mais également, et c’est là aussi que le bas blesse, cette rumeur lancinante, qui consiste à voir se transformer la société française tous azimuts, dans ses fondements républicains les plus profondément gravés dans le marbre de la démocratie, et qui plane sur une population de plus en plus mécontente.  N’est elle pas provoquée non seulement par cette nouvelle politique, mais aussi et surtout par cette nouvelle façon qu’a le pouvoir en place, de dispenser des mesures déjà quasi entérinées en lieu et place d’une certaine concertation espérée, mais de façon peut-être un peu trop médiatique, et à un peuple peut-être également de plus en plus incrédule ? Encore une fois, la prévention, l’anticipation même sont reléguées au second plan !
 
 
Pour reprendre  le Général Jean-Pierre Gambotti, et son commentaire répondant à un article du Général de Richoufftz relatif à la polémique des « Surcoufs » ; l’illustre grand tacticien, le général Maurice Gamelin, à l’époque capitaine et ex officier d’ordonnance du Général non pas moins illustre Joffre, sur l’Art de la guerre aurait dit, à peu près cela en 1906 : « moi (ce que je veux,  le but de la guerre), l’ennemi (qu’est ce que peut faire l’ennemi pour m’empêcher de faire ce que je veux), les moyens ( comment avec les moyens dont je dispose puis-je faire ce que je veux malgré l’ennemi) et quels sont les moyens à créer ».
 
Á commencé par un commentaire de l’Amiral Jean Dufourcq- ancien directeur du centre de recherches stratégiques de l’Otan (pour le journal  l’Humanité).
« - Je ferai trois remarques, sur la méthode, le résultat et les limites de l’exercice. En premier lieu, j’ai regretté que l’on aille pas plutôt vers une directive présidentielle qui cadrerait la volonté du chef de l’Etat et sa vision d’ensemble, en débouchant sur une analyse stratégique et la définition d’un calendrier de travail pour une loi de programmation plus resserrée. Le livre blanc va à mon avis dans le bon sens. (…) D’abord, pour faire face à l’incertitude du monde actuel, (…) pour faire face aux tensions économiques et budgétaires, on dégage de nouvelles marges de manœuvres par concentration des moyens et réduction des formats. C’est le bon sens et c’est courageux. En revanche, je regrette que l’on n’ait pas été assez ambitieux sur le thème, (…) de la fin de la défense nationale. Ce mot de défense masque la réalité d’une rupture stratégique nécessaire. Enfin, je trouve qu’on s’exprime trop sur le mode défensif. On met l’accent sur la dissuasion et la protection, on parle de l’expéditionnaire, mais il aurait fallu que l’on parle bien plus de prévention. La prévention, le désarmement contribueraient au rééquilibrage du monde de façon plus dynamique. On manque d’audace sur ce thème. »
 
En suivant, un second, du Général de Richoufftz en réponse aux « Surcoufs de l’Institution », journal Le Figaro du 19 juin 2008.
 
- « Vous semblez dubitatif quant à la pertinence du regroupement d’un certain nombre d’unités, sur des bases réduites en nombre mais viables au quotidien en terme de soutien de l’homme, de logistique de proximité, de formation, de suivi et de cohésion de formations interarmes voire interarmées. Enfin disposer, sur un lieu dédié, de l’ensemble des capacités matérielles et humaines propres à un entraînement au combat effectif et réaliste. Au delà d’un changement d’échelle à la mesure des économies de fonctionnement recherchées, c’est aussi l’assurance de pouvoir développer progressivement un véritable esprit, mobilisateur des énergies et des cœurs, et faire en sorte que la professionnalisation devienne enfin une réalité. Il y a longtemps que Britanniques et américains l’ont compris…Ne le saviez-vous pas ? »
 
Au-delà d’un simple constat, cette analyse somme toute très sommaire, a pour objectif, d’essayer d’apporter quelques éclaircissements, et afin de jeter les bases qui permettrons d’ouvrir sur une réflexion plus approfondie. Pour vocation d’aider à comprendre les voix empruntées et le devenir de nos institutions en général et de notre institution militaire en particulier, au regard de la refondation en passant par la Carte militaire !
 
Mais avant tout, demandons-nous quels sont les vrais postulats qui ont conduit le pouvoir à vouloir entamer une profonde réforme des armées ? De prime abord, était-ce aux seuls fins économiques et principalement dans la mouvance de ce qui a été parallèlement entrepris dans les autres secteurs, tels que la Justice ou le sanitaire par exemple ? Ou bien, était-elle provoquée principalement du fait d’un changement, lui, beaucoup plus objectif, et concernant les nombreuses et importantes évolutions temporelles. De cette volonté, de cet acharnement qu’a le président de la République de vouloir tout régenter, d’entrer  dans ce XXIème siècle avec zèle et quelque peu de précipitation, il est vrai. Sachant enfin et que de toutes façons, les modifications géostratégiques, les grandes évolutions quant à la nature mêmes des risques potentiels auraient entraîné inexorablement cette réforme ; que le progrès et les technologies nouvelles, l’automatisation et les changements d’orientation politique inhérents, la mondialisation et la construction européenne entraîneraient des changements profonds et de nouvelles politiques de défense évidemment ? Mais posons-nous à notre tour, cette grande question que se sont certainement eux-mêmes posés les gouvernants, et à la veille d’engager ces restructurations tant controversées dans l’opinion éveillée. Le format général des armées françaises convenait-il toujours aux missions qui lui étaient et qui lui sont de plus en plus dévolues (OPEX, interactions dans un cadre de plus en plus international, OTAN, réponses aux menaces nouvelles que sont les terrorismes de toutes natures…) et dans le cadre d’une stratégie, non militaire seulement, mais bien sûr politico-militaire. La Défense nationale, telle qu’elle est encore organisée aujourd’hui est-elle bien en cohérence avec ce monde en perpétuel mouvement. Au-delà même de tout cela, porte-t-elle encore bien la bonne appellation et ne faudrait-il pas  encore la transformer  plus profondément ? Est-il toujours question d’une seule défense nationale mais ne doit-on pas plutôt parler d’une coalition supranationale militaire ? Doit-on perdurer par exemple la dissociation de trois grandes armées distinctes ? Et conserver autant d’unité, au risque souvent de faire double emploi et surtout, en dissociant les gestions, mêmes « croisées » récemment, en autant de particularismes tant budgétaires qu’administratifs, de se perdre dans des dépenses obsolètes ? Ce sont aujourd’hui, autant de questions qui restent, et malgré ce livre blanc, encore sans réponses ! Enfin, est-il aussi essentiel de se rapprocher aussi ostensiblement des Etat-Unis d’Amérique, au risque majeur, et cela plus tôt que nous pouvons le penser, d’en « payer le prix du sang », pour reprendre les mots du Président Sarkozy !
 
Dans un tout premier temps, revenons si vous le voulez bien, il y a de cela juste quelques années et, par exemple, à la fin de la conscription en 1997.
 
Morceau choisi sur acteurpublic.com (ce texte n’engage bien sûr que son auteur) :
 

C'est la loi du 28 octobre 1997 portant réforme du service national qui suspend la conscription. Elle paraît dans le Journal officiel du 8 novembre. La fin de deux siècles de lien entre l'armée et la nation ?

 
« En octobre 1996, le président de la République, Jacques Chirac, annonce son souhait de poursuivre la professionnalisation des armées engagée depuis quelques mois. Il laisse sous-entendre que la seule option est de supprimer (en fait seulement suspendre) définitivement la conscription obligatoire, celle-ci devant être remplacée par un volontariat. Après un grand débat national chapeauté par le Premier ministre, Alain Juppé, et le ministre de la Défense, Charles Millon, les parlementaires s'attellent à l'examen du projet de loi. Le texte, voté et promulgué en octobre 1997, indique que la conscription est suspendue pour tous les jeunes nés après 1979, et qu'elle est remplacée par la journée d'appel de préparation à la Défense (JAPD).
Forte pression
Mais la conscription concerne toujours les jeunes nés avant 1979. Ces derniers doivent effectuer un service de dix mois et ce, jusqu'au 1er janvier 2003. Cette décision crée de nombreux mécontentements. Les appelés traînent les pieds. Les insoumissions augmentent, parfois maquillées en exemptions P3 (problèmes psychologiques) ou en congés maladie. Des pétitions circulent sur Internet, recueillant des dizaines de milliers de signatures. Des collectifs se construisent. La pression est forte. En juin 2001, le Conseil des ministres décrète la fin de la conscription, écourtant le période de transition de quasiment une année. Les appelés militaires déjà sous les drapeaux sont tous libérés au 30 novembre 2001, chaque contingent effectuant un mois de service en moins que le contingent précédent. Les derniers objecteurs de conscience retournent dans leurs foyers en juillet 2002.
Économie de moyens
À partir de cette date, c'en est donc terminé de la “conscription de papa”, celle qui fut instaurée le 19 fructidor an VI (5 septembre 1798) par la loi Jourdan-Delbrel et qui indique, dans son premier article, que “hors le cas du danger de la patrie, l'armée se forme par enrôlement volontaire et par la voie de la conscription”. Fini l'ordre serré, les invectives “silence dans les rangs”, “Attention pour les couleurs”. Remisée au musée des souvenirs cette “période où l'on mange très mal, mais qui nourrit les conversations pour toute la vie”. Abandonné ce service militaire obligatoire permanent qui a envoyé des millions de Français “au feu” au cours des deux siècles de son existence. Sacrifiés au nom de l'économie de moyens (420 millions d'euros par an) la perm' tant attendue, le parcours du combattant, le lit au carré. Et voilà près de 400 000 jeunes privés de récré'. Terminés la cohésion, le brassage social qui faisait se côtoyer le fils d'industriel, le fils d'artisan, le fils d'ouvrier, l'agriculteur. Fini ? Remisé ? Abandonné ? La loi reste précise. Le service national est suspendu. Il peut un jour renaître… »
Vous l’aurez compris, cette variable « démocratique », chère aux Troyens mais tellement dévoyée sur la fin, qu’est la conscription n’est que suspendue et un simple décret d’application peut  la restaurer, donnant  ainsi au pouvoir la possibilité de la remettre au goût du jour, au grès de la conjoncture… Mais me direz-vous, quand est-il maintenant de la conscription à l’échelon  Européen ?
 
l’Europe militaire, nouvelle composante alternative ou promesse  politique irréalisable !
Afin de nous aider dans notre réflexion, reprenons également certains éléments comparés, qui sont, par ailleurs, parfaitement retranscris sur le site  Bienvenue au Sénat. Au travers de la conscription et des politiques différentes qui ses menées en Europe, nous nous ferons une idée plus précise et plus globale des disparités, sur la complexité de mener, de concert, une politique « militaire européenne » qui soit à la fois cohérente et réellement opérationnelle.
« Ces éléments justifient en l’occurrence que l'on s'interroge sur l'existence d'un service civique obligatoire dans d'autres pays européens. L'analyse a été limitée aux pays d'Europe occidentale qui ont, comme la France, supprimé ou suspendu la conscription. La comparaison n'aurait en effet pas été pertinente si l'on avait inclus dans le champ de l'étude les pays, telle l'Allemagne, où le service civil obligatoire se substitue au service militaire pour les personnes qui refusent d'effectuer ce dernier.
En revanche, en Belgique, en Espagne, en Irlande, en Italie, aux Pays-Bas, au Portugal et au Royaume-Uni, la question se pose dans les mêmes termes qu'en France.
Il apparaît que :
- aucun des pays étudiés n'a institué de service civique obligatoire ;
- la Belgique, l'Italie et les Pays-Bas sont les seuls pays où la création d'un service civique obligatoire ait suscité des réflexions plus ou moins approfondies.
Aucun pays n'a instauré de service civique obligatoire
Aucun des pays qui, comme la France, ont supprimé le service militaire obligatoire récemment (Belgique, Espagne, Italie, Pays-Bas et Portugal) ne l'a remplacé par un service civique obligatoire.
Par ailleurs, ni le Royaume-Uni, qui a aboli la conscription en 1960, ni l'Irlande du Nord, devenue indépendante en 1922 et où la conscription n'a jamais existé, n'ont envisagé l'instauration d'un service civique obligatoire.
En revanche, le volontariat des jeunes dans le cadre associatif est partout encouragé.
La création d'un service civique obligatoire a fait l'objet de réflexions en Belgique, en Italie et aux Pays-Bas
En Belgique, la suppression du service militaire obligatoire a été suivie de l'adoption de la loi du 11 avril 2003 instituant un service volontaire d'utilité collective, qui n'a du reste pas été promulguée. Le meurtre d'un jeune par un autre jeune dans la principale gare de Bruxelles en avril 2006 a relancé le débat : non seulement sur l'application de la loi de 2003, mais aussi sur le caractère volontaire ou obligatoire du service civique.
En Italie, en 1996, le programme de l'alliance électorale conduite par M. Romano Prodi prévoyait l'institution d'un service civique pour tous, mais c'est un service volontaire qui a été créé en 2001. La suppression du service militaire obligatoire à partir du 1er janvier 2005 a ravivé le débat. Le programme de la coalition électorale qui a remporté les élections législatives d'avril 2006, prévoit « de lancer pour les années à venir la proposition d'un nouveau service civil ».
Aux Pays-Bas, l'introduction d'un service civique, volontaire ou obligatoire, a fait l'objet de discussions répétées depuis les années 90. Le débat a resurgi en 1996 à l'occasion de la suppression du service national obligatoire : le Parlement s'est alors prononcé explicitement contre l'instauration d'un service civique obligatoire. À partir de l'année 2000, la question a de nouveau été évoquée dans le monde politique. Le gouvernement a donc chargé un institut spécialisé d'étudier la possibilité d'instaurer une « année sociale » pour les jeunes de 16 à 23 ans. Le rapport de cet institut, publié en 2004, examine plusieurs variantes de ce dispositif, parmi lesquelles un service civique obligatoire. Le document met en avant le coût élevé et les obstacles juridiques de cette solution. Le gouvernement a décidé de ne pas instituer de service civique, mais de favoriser le volontariat.
Si le développement du sens civique et la meilleure insertion sociale des jeunes apparaissent comme des préoccupations communes à tous les pays, aucun n'a choisi d'y répondre par le biais d'un service civique obligatoire.
BELGIQUE
La loi du 31 décembre 1992 modifiant les lois sur la milice a suspendu le service militaire obligatoire si bien que, depuis le 1er mars 2005, il n'y a plus d'appelés sous les drapeaux. Depuis la suppression de la conscription, l'institution d'un service civique est régulièrement évoquée.
En adoptant la loi du 11 avril 2003 instituant un service volontaire d'utilité collective, le législateur a fait le choix du volontariat. Cette loi est toutefois restée sans effet, puisqu'elle n'a pas été promulguée, en grande partie pour des raisons budgétaires.
En avril 2006, le meurtre d'un jeune par un autre jeune à la gare de Bruxelles-Midi a relancé le débat sur la mise en place du service civique et sur son caractère, obligatoire ou volontaire.
En mai 2006, le gouvernement a annoncé son intention d'appliquer la loi de 2003 instituant un service volontaire d'utilité collective. Le ministre de la défense a donc indiqué qu'il préparait un projet d'arrêté royal afin d'instaurer à partir du 1er septembre 2006 un tel service au sein de l'armée. Ce projet n'a pas encore été publié.
D'après la loi, le service volontaire d'utilité collective doit en effet être institué au sein de la défense nationale avant d'être étendu à d'autres services publics nationaux ainsi qu'aux administrations régionales et locales.
ESPAGNE
L'article 30 de la Constitution, qui énonce : « Un service civil pourra être établi à des fins relevant de l'intérêt général », permet l'instauration d'un service civil obligatoire. Celle-ci n'a toutefois jamais été envisagée.
À la fin des années 90, à l'occasion de la suppression du service militaire (1(*)), certains parlementaires avaient interrogé le gouvernement sur la mise en place d'un service civil obligatoire, notamment pour remédier au problème posé au secteur associatif par la disparition des quelque 100 000 objecteurs de conscience qui y oeuvraient.
Cette suggestion avait alors été présentée comme « non opportune ». Du reste, en 2000, le ministère de la justice avait élaboré un avant-projet de loi sur un service civil volontaire, ouvert aux jeunes âgés de 18 à 30 ans. La participation à ce service aurait été encouragée, notamment par une facilité d'accès à la fonction publique à l'issue de la période de service civil. Contesté par les syndicats et par les organisations de jeunes, ce projet a été abandonné, en particulier parce le nouveau service civil volontaire serait entré en concurrence avec le volontariat, qui existe depuis 1996.
Depuis la fin du service militaire obligatoire, le milieu associatif déplore qu'aucune solution n'ait été trouvée pour remplacer les objecteurs de conscience, mais le service civil obligatoire ne constitue pas un sujet de débat.
IRLANDE
La conscription n'a jamais existé en Irlande et l'institution d'un service civique obligatoire n'a été envisagée à aucun moment.
Le volontariat des jeunes est encouragé, au même titre que celui des citoyens plus âgés. Il existe beaucoup d'organisations de volontaires privées et nombre d'entre elles reçoivent des subventions de l'État.
Depuis plusieurs années, le gouvernement mène une réflexion sur le volontariat. Au début de l'année 2006, il a constitué un groupe de travail sur la « citoyenneté active », qui doit notamment faire des propositions pour le renforcement de l'esprit civique et du volontariat. Dans ce cadre, une consultation a été organisée. Elle contenait une série de questions spécifiquement destinées aux jeunes.
ITALIE
En 1996, le programme de l'alliance électorale conduite par M. Romano Prodi, l'Olivier, prévoyait l'institution d'un « service civil pour tous ». Compte tenu du nombre important des jeunes concernés ainsi que des coûts et des difficultés d'organisation d'un tel dispositif, c'est un service volontaire qui a été créé par la loi n° 64 du 6 mars 2001 portant institution du service civil national.
En mars 2003, quelque 70 députés représentant divers courants politiques situés entre le centre-gauche et l'extrême gauche ont déposé à la Chambre des députés une proposition de loi « portant institution du service civil obligatoire pour les jeunes femmes et les jeunes hommes ». Ce service était présenté comme la « modalité non armée » de la défense de la patrie au sens de l'article 52 de la Constitution, lequel érige cette défense en « devoir sacré du citoyen ». La proposition de loi lui assignait la réalisation des principes de solidarité et de coopération entre les citoyens. Tous les jeunes âgés de 18 à 26 ans auraient eu, quel que soit leur sexe, l'obligation (2(*)) d'accomplir un service de six mois, rétribué à hauteur de 300 € par mois et qui aurait eu lieu dans l'un des secteurs suivants : protection du patrimoine naturel ou culturel, santé publique, protection civile, éducation, assistance sociale, coopération avec les pays en voie de développement. La proposition de loi n'a jamais été débattue.
La suppression du service militaire obligatoire à partir du 1er janvier 2005 a relancé le débat. En mai 2005, M. Romano Prodi s'est référé à la proposition de loi de mars 2003. Le programme de l'Union, la coalition électorale qui a remporté les élections législatives d'avril 2006, prévoit « de lancer pour les années à venir la proposition d'un nouveau service civil » d'une « durée limitée » et qui serait effectué selon des « modalités flexibles ».
PAYS-BAS
L'introduction d'un service civique, volontaire ou obligatoire, a fait l'objet de discussions répétées depuis les années 90.
Le débat a été relancé en 1996 à l'occasion de la suppression du service militaire : le Parlement s'est alors prononcé contre l'instauration d'un service civique obligatoire (3(*)).
À partir de l'année 2000, dans le cadre de la préparation des élections législatives de 2002, l'institution d'un service civique obligatoire a de nouveau été évoquée. Par ailleurs, le milieu associatif se heurte au désintérêt des jeunes pour le bénévolat.
Dans ce contexte, le ministère de la santé, du bien-être et du sport, qui est responsable des questions de société, a chargé un institut spécialisé dans l'analyse des problèmes sociologiques d'étudier la possibilité d'instaurer une « année sociale » pour les jeunes de 16 à 23 ans. Le rapport de cet institut, publié en 2004, examine plusieurs variantes de ce dispositif, parmi lesquelles un service civique obligatoire. Le document met en avant le coût élevé et les obstacles juridiques de cette solution. Une loi serait en effet nécessaire compte tenu de l'article 19 de la Constitution, selon lequel « Le droit de tout Néerlandais au libre choix de son travail est reconnu, sous réserve des limitations établies par la loi ou en vertu de la loi. »
Le gouvernement a décidé de ne pas instaurer de service civique, mais de favoriser le volontariat, dans le cadre des études ou des activités professionnelles, ainsi que pendant les loisirs.
PORTUGAL
L'Assemblée de la République a adopté le 1er juillet 1999 le projet de loi mettant fin au service militaire obligatoire et les derniers appelés ont terminé leur service militaire le 21 septembre 2004.
Depuis lors, si l'instauration d'un service civique mixte destiné à combler le « déficit de participation civique » des jeunes est parfois évoquée, le sujet ne constitue pas un réel thème de débat. Aucun parti politique ne l'a repris. Aucune proposition de loi n'a été déposée sur ce sujet.
ROYAUME-UNI
La conscription a été supprimée en 1960, mais l'instauration d'un service civique obligatoire n'a jamais été envisagée. En revanche, le volontariat des jeunes est encouragé, notamment par l'État.
L'État a ainsi financé deux programmes importants entre 1999 et 2005 : Millennium Volunteers, dans le cadre duquel tous les jeunes pouvaient s'engager à passer au moins 100 heures au service de structures associatives locales, et Young Volunteer Challenge, qui a offert à plus de 1 000 jeunes issus des milieux défavorisés la possibilité d'oeuvrer pour les enfants moyennant rémunération.
En 2005, le gouvernement a constitué une commission indépendante, la Commission Russell, qu'il a chargée d'établir un rapport sur la mise en place d'un « cadre national pour l'action et l'engagement des jeunes ». Conformément à la recommandation principale de cette commission, l'organisation caritative « v » a vu le jour le 8 mai 2006. Cette organisation, dont l'objectif est d'encourager le volontariat des jeunes en recourant à de nouvelles méthodes, est dirigée par des jeunes âgés de 16 à 25 ans, qui sont majoritaires dans les organes de direction et d'administration.
En outre, le Young Adult Trust, organisme créé par le parti conservateur afin de développer des programmes de volontariat pour les adolescents a commencé ses activités le 30 octobre 2006. Selon le président du parti, ces programmes devraient être « quelque chose comme le service national. Pas militaires. Pas obligatoires. Mais dans le même esprit. Mélangeant les classes et les milieux sociaux. »
Cette courte étude laisse apparaître la très nette difficulté qu’ont les différents partenaires ou différents acteurs européens, à vouloir trouver une politique de défense qui serait susceptible d’être à la fois commune à l’ensemble de l’Europe, et à entrer dans une certaine cohérence politico-militaire, mais aussi sociale et économique. Dès lors, comment pouvoir seulement envisager réussir  la mise en place d’une vraie « politique commune de défense » à 28, 30 ou même davantage de partenaires encore, cela même en tenant compte des forces et des faiblesses de chacun ? Après une professionnalisation des armées françaises somme toute pleinement réussie et « opérationnelle » mais coûteuse, voilà que ce pose maintenant la question des alliances, toujours celle de l’interopérabilité dans la supranationalité (euro-américaine) et l’hypothèse selon laquelle une force, si importante soit-elle mais restant d’ordre nationale, ne peut tout faire d’elle-même et en réduisant éternellement et conjointement ses budgets de fonctionnement.
Comment pouvoir imaginer en effet et un seul instant, qu’une force d’intervention, d’interposition, de stabilisation ou que sais-je encore (telle que par exemple, la Force d’action rapide - FAR, qui et des années durant, et sans que la France soit réellement partie intégrante de l’OTAN, a due intervenir sous de très nombreux théâtres d’opérations extérieurs, tels qu’au moyen orient et sur le continent Africain en général (Liban, Irak, Côte d’Ivoire, Afghanistan,…) ou en Europe de l’est avec l’ex Yougoslavie en particulier (Bosnie, Kosovo…) et j’en passe… ) puisse continuer à rendre les « services » prescrits et ordonnés. Alors qu’elle connaît la réduction constante de ses lignes budgétaires et qu’elle doive parallèlement faire appel en permanence au très fameux et dorénavant illustre système « d » (débrouille, démerde) !?! Manque de matériels ou appareillages et ressources obsolètes, réduction d’effectifs et temps de formation diminuée, temps de récupération réduit du fait de la très nette augmentation des missions et autres projections ; gestion des ressources aléatoires avec des carrières ralenties et des émoluments gelés…etc. Il est essentiel de noter ici, la permanence et la polyvalence du système militaire. Si l’on passera sur ce premier caractère, il semble important de rappeler une autre composante des missions dévolues, elle-même «étroitement liée  à la première, qui est la sécurisation du territoire. Je citerais  donc « vigie pirate » en vigilance « rouge» quasi permanente et très « gourmande » en moyens humains et matériels substantiels ! A entendre également et pour finir, un colonel de Gendarmerie en temps de commandement supérieur et intervenant dans les débats de la commission du Livre Blanc, les missions sont de plus en plus importantes et de plus en plus difficiles à enchaînées les l’unes derrières  les autres… « Mêmes éléments pour un même combat » concernant la B.S.P.P., elle aussi de plus en plus sollicitée !
Une réorganisation pourtant indispensable
Aspects positifs
Un budget des armées différemment orienté, une économie  actualisée, une armée rationalisée !
Avant, la conscription : orientation citoyenne lourde en moyens humains et matériels, et peu à peu, dénaturée et obsolète. Afin d’être bien sûr que nous ayons correctement choisi la meilleure démonstration, réexaminons ensemble si vous le voulez bien, les fondements historiques et antérieurs à aujourd’hui de la défense du territoire, toujours par le truchement de la conscription.
DEFINITION
 
conscription, système d’engagement obligatoire des citoyens dans les forces armées, également appelé service national. Les conscrits doivent être distingués des volontaires, des militaires de carrière et des mercenaires, ces derniers mettant leurs compétences au service d’un gouvernement contre le versement d’un salaire. En temps de paix, les conscrits peuvent être appelés pour effectuer des périodes de réserve.
 
Que nous rappelle l’histoire ?
Depuis son origine en effet, le service militaire a été considéré comme l’un des devoirs fondamentaux du citoyen. Dans la « cité » de la Grèce antique, les jeunes gens devaient servir plusieurs années dans les milices constituées de citoyens, système qui atteignit son apogée avec le statut de citoyen-soldat propre à la ville de Sparte. Dans la République romaine, le service obligatoire dans la milice était considéré comme un privilège, et tous les hommes âgés de dix-sept à soixante ans l’accomplissaient sans aucune rémunération. Le refus de la conscription était puni par une peine de prison et par la confiscation des biens. Aux environs du IIe siècle av. J.-C., les professionnels et les mercenaires se substituèrent aux simples citoyens dans la milice.
Tant que le coût des armements était élevé, comme au Moyen Âge, les effectifs des armées étaient faibles, et à dominante aristocratique. Le développement des armes à feu, caractérisant le début de l’ère des armes moins onéreuses, fut suivi de l’augmentation des effectifs des armées, celles-ci faisant plus largement appel aux membres de la société toute entière. Les pays pauvres devaient se contenter de milices composées de citoyens et de mercenaires. Au XVIe siècle, le service militaire obligatoire pour tous fut proposé par Machiavel, alors que déjà l’armée suisse reposait exclusivement sur le système de la conscription. Au XVIIIe siècle, l’armée était un refuge pour les classes les plus pauvres, qui peuplaient largement ses rangs, et les méthodes de recrutement habituelles allaient de la simple incitation à l’enrôlement forcé.
La première forme moderne de conscription apparut pendant la Révolution française, lorsque le service militaire universel constituait à la fois un devoir républicain, découlant des principes d’égalité et de fraternité, et une nécessité pour la survie nationale. En août 1793, une loi limita la tranche d’âge soumise à l’appel sous les drapeaux aux 18-25 ans. La première classe, constituée des hommes ayant vingt ou vingt et un ans, formait la base du contingent des conscrits. Les autres classes n’étaient sollicitées qu’en cas de nécessité militaire. La loi Jourdan de 1798, souvent présentée comme le fondement de la conscription, n’a pas été totalement appliquée, le tirage au sort et le remplacement étant établi dès 1799. Malgré cela, la charte de la Restauration abolit par la suite la conscription, répondant ainsi à une forte demande de l’opinion publique.
En 1808, la Prusse développa un système de conscription moderne (service obligatoire pour tous, d’une durée courte, suivit d’obligations de réserve). La IIIe République, en France, reprit à son compte les méthodes prussiennes, et la conscription connut sa forme achevée en 1905. À la fin du XIXe siècle, toutes les grandes puissances, sauf le Royaume-Uni et les États-Unis, appliquaient un système de conscription en temps de paix. Cependant, l’utilité du système devint progressivement moins évidente. La scolarité obligatoire s’imposa au détriment du service militaire ; les armes devinrent plus complexes, exigeant un personnel très qualifié pour les manipuler et les armées furent dans l’impossibilité d’accueillir les classes toujours plus nombreuses. Les exemptions et les sursis d’incorporation se multiplièrent, sans reposer toujours sur des motifs incontestables (argument très prisé par le Président Chirac en 1996).
Au XXe siècle, lorsque les menaces aériennes mirent en danger des populations entières, les moyens industriels furent mobilisés ou réquisitionnés, ainsi que les ressources humaines. Le concept napoléonien de « nation en armes » se transforma en système rigoureux, consistant dans la mobilisation d’un État entier en cas de guerre totale, comme ce fut le cas en Allemagne, au Japon et en URSS pendant les années 1930.
Aux États-Unis, la conscription reposait initialement sur la tradition coloniale établie par la milice, pour laquelle tous les hommes aptes physiquement, en principe âgés de seize à soixante ans, devaient se rendre disponibles pour une période de service. Pendant la guerre de l’indépendance américaine, le Congrès demanda à tous les États du pays d’instituer la conscription masculine.
Pendant la Première Guerre mondiale (1914-1918), les grandes puissances recoururent à l’engagement de conscrits dans leurs forces armées. Le Royaume-Uni, qui pratiquait un système fondé sur le volontariat, opta pour la conscription en 1916. Les États-Unis adoptèrent un nouveau texte de loi instituant la conscription, le Selective Service Act, en 1917, dès leur entrée en guerre. Le Canada utilisa le volontariat jusqu’en 1918, année où il choisit la conscription.
Entre les deux guerres mondiales, toutes les grandes puissances, à l’exception des États-Unis, continuèrent à pratiquer le service militaire universel. Malgré l’interdiction qui lui avait été signifiée aux termes du traité de Versailles de recourir à la conscription, l’Allemagne rétablit le système en mai 1935. Le parlement britannique adopta un texte (Conscription Act) en mai 1939, pour établir un système d’entraînement militaire en temps de paix. Une loi fut adoptée au début de la Seconde Guerre mondiale, le 3 septembre 1939, instituant le régime de conscription pour tous les hommes âgés de dix-huit à quarante et un ans. En mai 1940, le parlement britannique adopta un texte mobilisant les ressources humaines et industrielles de la nation. Le service national fut prorogé après la guerre, jusqu’en 1957, année où le Royaume-Uni fut la première puissance européenne à abandonner ce système au profit d’une armée professionnelle.
La conscription en temps de paix fut établie aux États-Unis en septembre 1940, et ses conditions furent élargies par une loi établissant un service national le 13 décembre 1941, six jours après l’attaque japonaise sur Pearl Harbor. La conscription cessa en 1947, mais le service sélectif se poursuivit dans les années 1950, en raison de l’engagement dans la guerre de Corée. Les lois sur le service militaire continuèrent à être appliquées, bien que subissant de fréquents amendements, et fournirent des contingents pour la guerre du Viêt Nam. En 1969, un système de loterie fut institué pour sélectionner les conscrits. En 1973, l’intégration aux forces armées américaines fonctionna exclusivement sur la base du volontariat ; depuis 1980, les hommes doivent se faire recenser auprès des autorités dans les trente jours suivant leur dix-huitième anniversaire. Le conflit Irakien démontra, par la suite, les subterfuges entrepris par l’administration américaine et afin de perdurer plus avant « son effort » de guerre (recrutement et engagement des réserves, des minorités, promesse de nationalisation…) !
Enfin, dans l’ancienne Union soviétique, la conscription fut un élément vital pour le régime communiste, mais elle devint de plus en plus impopulaire. De nombreux conscrits refusant leur incorporation, particulièrement à partir du début de la guerre d’Afghanistan. Dans l’actuelle Russie, les conscrits doivent être recensés à dix-sept ans et appelés à dix-huit ans, pour effectuer un service de deux ans dans l’armée, ou de trois ans dans la marine. Le système évolue cependant vers une professionnalisation partielle… »
Cette décision de mettre un terme suspensif à la conscription concourt certainement à entraîner une désagrégation lente mais effective du lien qui existait entre l’Institution militaire et la Nation. Ce lien permettant en autre chose, de veiller à l’application d’un contrôle sur l’état sanitaire mais aussi, sur le degré d’analphabétisme d’une jeune population et peut-être un peu aussi sur une certaine idée de brassage social ultime avant l’âge adulte et la vie active ? Mais avec les grandes mutations entamées, que voyons-nous pointer maintenant, et au travers du Livre blanc et de cette Carte militaire nationale ?
 
Le Livre blanc, chiffres et refondation annoncés
Si les « Slogans politiques » suivants, en ligne sur Internet sur le site officiel Vie Publique.fr, doivent pouvoir être interprétés et commentés selon les sensibilités de chacun, et ces nombreux chiffres devant aussi pouvoir être pris en conséquence avec la plus grande précaution, ils sont donnés ici afin de permettre la plus grande compréhension de l’action qui est menée par le Gouvernement français.  
1 – Une stratégie de sécurité nationale pensée de façon globale.
2 – Les crédits du spatial militaire seront multipliés par deux en moyenne annuelle sur la période à venir.
3 – Une stratégie industrielle construite autour de trois cercles : un cercle de souveraineté nationale, un cercle européen et un cercle mondial.
4 - La force océanique stratégique sera composée de quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engins.
4 – Toute prolongation d’une intervention extérieure au-delà de quatre mois devra faire l’objet d’une autorisation, par un vote du Parlement.
5 – Cinq fonctions stratégiques redéfinies : connaissance et anticipation, dissuasion, prévention, protection, intervention.
5 - Cinq grands groupes de défense se partagent trois programmes européens concurrents d’avion de combat. Cette situation est emblématique de la fragmentation du tissu industriel européen de défense.
6 – Les capacités sous-marines constituent une priorité stratégique. Le Livre blanc fixe à six le nombre de sous-marins nucléaires d’attaque dont doit être équipée en permanence la Marine nationale.
7 – Sept principes directeurs pour l’engagement des forces armées à l’étranger.
12 – Douze secteurs d’activité d’importance vitale définis en 2006 (énergie, alimentation, gestion de l’eau, activités militaires de l’Etat,…). L’approche française relative à la protection de ces secteurs sera présentée à nos partenaires européens afin de faire déboucher les initiatives de la Commission européenne dans ce domaine.
17 – Dix-sept opérations civiles et militaires ont déjà été conduites par l’Union européenne sur quatre continents, impliquant le déploiement de près de 10 000 soldats et de 3 000 policiers européens.
18 – La Marine nationale sera équipée de dix-huit frégates de premier rang.
20 – L’industrie navale européenne repose aujourd’hui sur plus de vingt chantiers navals importants ; cette situation doit être comparée avec celle qui prévaut aux Etats-Unis, où les restructurations des années 1990 ont conduit à rationaliser l’industrie navale autour de six chantiers.
22 – Les internautes devraient représenter en 2011 environ vingt-deux pour cent de la population mondiale, soit 1,5 milliards de personnes. Le volume de messages envoyé chaque jour par voie électronique est évalué entre 100 et 200 milliards.
52 – Cinquante-deux personnalités françaises et internationales, représentant 14 nationalités venues de cinq continents, ont été entendues dans le cadre des auditions publiques menées par la Commission du Livre blanc et retransmises sur les chaînes de télévision parlementaires.
300 – Trois cents avions de combat polyvalents de type Rafale ou Mirage 2000 D modernisé composeront un parc unique (air et marine) dont la gestion sera assurée par l’armée de l’air.
800 – Huit cents satellites orbitent aujourd’hui autour de la Terre. La moitié d’entre eux appartient aux Etats-Unis.
10 000 – Le contrat opérationnel de l’armée de Terre prévoit que jusqu’à dix mille militaires devront pouvoir être déployés en cas de crise majeure sur le territoire national en appui du dispositif de sécurité intérieure et de sécurité civile avec pour missions premières : la sécurité des points d’importance vitale, celle des flux terrestres essentiels pour la vie du pays et le contrôle de l’accès au territoire.
12 000 – Douze mille hommes et femmes travaillent directement en France au sein des six services de renseignement. Il faut y ajouter les 4000 hommes et femmes des unités militaires spécialisés de l’armée de terre, de la marine nationale et de l’armée de l’air.
30 000 – Les forces terrestres seront capables d’intervenir dans le cadre d’un engagement majeur multinational, sur un théâtre distant jusqu’à 7000 à 8000 km, en déployant, en six mois, trente mille hommes, pour une durée d’un an.
58 000 – En 2006, cinquante-huit mille militaires ont participé à au moins un déploiement hors du territoire métropolitain.
60 000 – La France souhaite que l’Union européenne se dote effectivement d’une force d’intervention terrestre de 60 000 hommes. Cette force devra pouvoir être déployée pendant un an sur un théâtre éloigné et associée aux moyens aériens et maritimes nécessaires.
88 000 – Une force opérationnelle terrestre de 88 000 hommes permettra de remplir l’ensemble des contrats opérationnels assignés à l’armée de terre par le Livre blanc.
90 000 – Les Nations Unies déploient en 2008 près de 90 000 hommes dans des opérations de maintien de la paix. L’Europe contribue à celles-ci à hauteur de 11 000 hommes.
165 000 – L’industrie de défense française représente environ cent soixante cinq mille emplois directs et au moins autant d’emplois indirects. Fiche n°1.4
250 000 - 250 000 sapeurs - pompiers constituent, avec 300 000 secouristes, les moyens de proximité de la sécurité civile en France.
780 000 – Chaque année, une classe d’age complète, soit environ 780 000 jeunes, participe à la Journée d’appel de préparation à la défense (JAPD). Cette journée, obligatoire pour les garçons et les filles entre 16 et 18 ans, comprend une sensibilisation des jeunes à leurs devoirs envers la Nation. Elle constitue également une opportunité d’aide pour les jeunes en difficulté.
116 milliards – En 2006, le budget consacré à l’équipement de défense par les Etats-Unis s’est élevé à 116 milliards d’euros, soit trois fois plus que les dépenses d’équipement de l’Union européenne. L’effort de recherche et développement de défense, auquel les Etats-Unis ont consacré 67 milliards d’euros en 2006, est quant à lui six fois plus élevé que l’effort européen.
300 milliards – Le marché mondial de l’armement est évalué à 300 milliards d’euros. Il est largement dominé par l’industrie américaine, qui détient à elle seule plus de 50% de parts de marché. L’industrie de défense française, qui se place au deuxième rang européen derrière celle du Royaume-Uni, représente quant à elle un chiffre d’affaires de l’ordre de 15 milliards d’euros.
377 milliards – L’effort cumulé, hors pensions, que la France consacrera à sa défense au cours des douze prochaines années s’élève à 377 milliards d’euros. La dotation annuelle, hors pensions, passera d’environ 30 milliards d’euros en 2008 à environ 33 milliards d’euros en 2020.
1 204 milliards – Les dépenses militaires dans le monde ont atteint 1 204 milliards de dollars en 2006 ; après avoir nettement baissé à la fin du siècle dernier, elles sont remontées aujourd’hui au niveau du début des années 1990.
 
Il s’agit maintenant de comprendre qu’au travers de ce travail, une refonte totale et profonde de nos institutions et de nos armées est sur le point de voir le jour ! Pour où contre, le débat s’ouvre à peine, que déjà pointent, à la fois  contradictions et incompréhensions dans l’opinion, mais également dans la représentation nationale toute entière !
La  Carte militaire. Après l’Ecole et l’Université, la Justice et le Sanitaire, l’Armée est à présent visée et sera réorganisée sur les cinq prochaines années et refondue totalement à l’horizon 2015 ! Cela semble-t-il, sans pour autant totalement répondre à l’attente escomptée…Et surtout de façon très précipitée dans un calendrier des réformes déjà bien rempli…
L’avenir des armées et la fin d’une proximité  territoriale : après la fin de la conscription, une seconde rupture armée-nation annoncée ! Serait-ce annonciateur de la fin de la défense nationale telle que nous la connaissons ou du début « d’un genre nouveau » et d’une «  milice d’un pouvoir autocratique » ou en tous les cas et c’est certain d’une époque ?  Renforcement de la Police nationale et centralisation des armées…Une Carte pour une « reconcentration des forces » et une rationalisation de l’Institution militaire !
Que nous rappelle l’Histoire ? Très brièvement, ce que nous venons déjà de voir, et à l’instar des autres pays européens, la France disposait jusqu’alors et à la fin de la guerre froide d’une structure de forces essentiellement dimensionnées sur la menace soviétique en Europe centrale. Avant l’effondrement du mur de Berlin, l’édifice reposait alors sur un plan doctrinal et analytique sur la « théorie des trois cercles » énoncée dans le Livre blanc sur la défense nationale de 1972. Avec au centre, le sanctuaire national préservé par le jeu de la dissuasion nucléaire et par la défense opérationnelle du territoire ; ensuite, le glacis européen formé notamment par les forces de manœuvre de l’Armée de terre ; enfin, la dimension mondiale de notre défense, comprenant des moyens prépositionnés en Afrique et dans les DOM TOM ainsi que des forces de projection (FAR) plus ou moins coalisées.
Avec la chute du Mur de Berlin ( 1989 ) et la disparition de l’URSS ( 1991 ), la structure en trois cercles perdait  cependant de sa cohérence interne en l’absence d’une menace militaire immédiate et massive contre le glacis européen et contre le sanctuaire national. En outre, l’invasion du Koweït par l’Irak et la Guerre du Golfe (août 1990-février 1991) allaient mettre en relief l’incapacité de la structure des forces héritées de la guerre froide à faire face aux nouveaux défis géostratégiques. Notamment, les capacités de projection des forces et les moyens logistiques correspondants étaient nettement insuffisants.
C’est dans ce contexte qu’est née l’idée d’une « révolution militaire française ». Dès 1994, un nouveau Livre Blanc a été rédigé. Celui-ci abandonnait le concept des trois cercles pour le remplacer par un double postulat. Celui de la déconnexion entre le nucléaire et l’action conventionnelle d’envergure, cette dernière devant être essentiellement consacrée aux opérations de projection de forces ; celui de la prédominance des actions en coalitions de forces, notamment européennes et américaines par la suite. Le 22 février 1996, le Président Chirac annonçait les axes de la réforme des armées : « Ce que je veux aujourd’hui, c’est avoir une défense qui soit à la fois plus efficace, plus moderne et moins coûteuse ». A mot couvert semble-t-il, rejoindre progressivement les forces intégrées à  l’OTAN !
Nous tâcherons de présenter et dans un premier temps le bilan de cette grande réforme et l’organisation militaire qui en résulte. Nous étudierons ensuite la situation actuelle des forces armées françaises dans un monde perpétuellement en guerre et leur rayonnement, aujourd’hui plus que jamais éclaté avec une projection tout autant permanente et récurrente. Car ne l’oublions pas, et ne nous réfugions pas derrière cette tranquillité apparente d’une Europe en paix, nous sommes bien en état de guerre et des soldats en « font les frais » chaque jour. Sur des terres éloignées de notre sol national certes, mais bien réellement et afin de permettre à d’autres de se sentir en sécurité relative…
 
Le ministre de la défense a précisé, le 8 avril 2008, les grandes orientations de la réforme de la carte militaire, l’un des volets de la réforme de la défense et de la sécurité nationale qui suscite actuellement l’inquiétude des élus locaux. Le plan de réorganisation des armées s’inscrit dans le cadre de la révision générale des politiques publiques (RGPP) et du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale. Ce calendrier de la réforme comporte notamment l’annonce des réorganisations territoriales avant la fin de l’été 2008 et un étalement de la mise en œuvre de l’ensemble de la réforme de janvier 2009 à 2014. Le ministre considère que la « densification » du stationnement des unités et formations (actuellement implantées sur 471 communes) par la création de 90 bases de défense, est une « condition essentielle » de la réforme des armées. Prévu pour être rendu public en juin dernier, l’annonce des dissolutions d’unités militaires n’est toujours pas officiellement rendue aujourd’hui (accident de Carcassonne oblige…et peut-être un peu aussi, du fait de la révision de la Constitution) !
 
Mais que faut-il maintenant comprendre dans cette réorganisation, cette « concentration en bases de défense », cette recentralisation des forces sur le territoire national ? Après avoir donc modifié d’importance et très hâtivement le schéma des armées, passant ainsi d’une conscription assez désuète il est vrai et au regard des changements stratégiques opérés, à une professionnalisation « au rabais », procédé à de nombreuses dissolutions d’unités, et autres coupes rases des effectifs et des budgets en général, voilà que le rythme s’accélère encore ! Tout comme le ressentent en effet les élus et surtout les acteurs économiques locaux les plus directement concernés, les militaires souffrent « plus encore »…Et en tous les cas, toutes ces très nombreuses familles, qui, conjoints et enfants doivent partager les aléas du métier des armes.  Sans oublier tous ces militaires qui veulent encore croire et garder foi en leur(s) mission (s) ! Une question ou plutôt un dilemme se présentent à eux : comment faire « plus » avec encore « moins » de moyens en personnels, en matériels et dans l’expectative, de ne pas être beaucoup mieux considéré, aujourd’hui comme hier, dans ce qui souvent, présente un véritable « parcours du combattant » de devoir chercher sa place dans le société française ? Souvent, au risque de chercher à « cacher sa profession », autant dire son sacerdoce et dès qu’il quitte l’uniforme pour revêtir son costume de citoyen ! Car les efforts se font déjà anciens que de nouveaux apparaissent toujours et que rien ne permet d’envisager avenir plus radieux, pour ces militaires et leurs familles !
 
En aparté et à Carcassonne, pourquoi par exemple, le « Famas » du sergent ne détenait-il  pas de « bouchon de tir à blanc », pourtant équipement obligatoire en vue d’un tel tir, d’exercice en l’occurrence, et qui aurait bien sûr permis une détérioration irrémédiable et définitive du canon ; empêchant de fait, les munitions de continuer à être percutées et à finir leur course dans la population ?
 
Un tel niveau de professionnalisme n’étant plus à démontrer pour cette grande unité qu’est le 3e Régiment Parachutiste d’Infanterie de Marine, en premières lignes sur la plus part des théâtres d’opérations extérieurs, ne serait-ce pas là une causalité des dysfonctionnements occasionnés par de profonds changements et répercutés dans les rangs ?
 
Enfin, nos gouvernants n’en ont-ils pas terminés de toujours réagir dans l’urgence, pour ne pas mieux appréhender les réformes et pour prévoir, à minima et à plus ou moyen terme, les  mesures de substitution sociales et économiques que les personnes, les familles militaires en tout premier chef (logement, école des enfants, travail des conjoints…) et les régions sinistrées, par les fermetures d’unités et de casernes, ne manquerons pas de connaître ?
 
Techniquement cette réforme est essentielle pour que notre armée, et j’écris volontairement « notre et pas nos » armées, car il faudrait aussi changer cela et trouver davantage de synergie, pour préparer la vraie modernisation de « l’outil militaire ». Rapprochement tant d’un point de vue organisationnel qu’opérationnel et des différentes composantes de ce, qui ne devrait plus être perçue aujourd’hui, comme un outil de « défense » mais différemment, comme une alternative au dangers nouveaux, d’un monde aux déploiements géostratégiques différents de ce que nous avons connu jusqu’ à présent, et pour résumer encore ! Car et n’en déplaise à Bismarck et à Alexandre de Marenches qui disaient « De toutes les données qui composent l’histoire, la géographie est la seule qui ne change jamais » les géographies changent bien, car et au-delà des nouvelles et toujours plus perfectionnées technologies, les communications  dépassent à présent les voix de communication elles-mêmes. L’espace planétaire se réduit d’autant que la vitesse le dépasse et que le temps pour la réaction se réduit avec lui !
Création de 85 bases de défense sur