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Vendredi 6 juin 2008
Chers amis,

le Général de Richoufftz accorde une interview au journal "Le Parisien" (paru aujourd'hui).
Cette déclaration s'insère dans la page politique du journal, intitulée: "La grande misère de l'armée":





«La France n'a plus les moyens de tout faire»

GENERAL EMMANUEL DE RICHOUFFTZ

Ancien patron du 2ème REI (Régiment étranger d'Infanterie) de Nîmes, qu'il a notamment commandé à Sarajevo, le général de division Emmanuel de Richoufftz a été «adjoint opérations» de la force Licorne en Côte d'Ivoire en 2003 avant d'être l'adjoint du Gouverneur militaire de Paris jusqu'en 2006. Revenu à la vie civile, l'ancien légionnaire parachutiste ayant sauté sur Kolwezi avec le 2ème REP, il y a trente ans, ne mâche pas ses mots.

En opération, vous avez souvent constaté la vétusté des matériels. N'est-ce pas un problème majeur de l'armée française ?

Général Emmanuel de Richoufftz. - Dans ma vie d'officier, j'ai fait un constat : j'ai vu l'évolution de l'équipement individuel qui a été modernisé. Le guerrier d'aujourd'hui est très bien équipé (avec gilet pare-balles, lunettes de vision nocturne…) alors qu'a contrario les moyens de transport et d'appui n'ont pas suivi. C'est la résultante de non-choix. On a voulu tout faire en même temps : les chars, les hélicos, les missiles, les avions de chasse… Il aurait fallu que les gouvernements et les états-majors successifs aient le courage de trancher. Car la France n'a plus les moyens de tout faire.

Quelles seraient vos priorités ?

Compte tenus des conflits actuels, j'aurais aimé avoir plus d'hélicos et plus de véhicules de combat légers. Les hélicos nous manquent aujourd'hui cruellement alors que la France avait la capacité aéromobile la meilleure du monde dans les années 1980. Il lui faut aujourd'hui retrouver cette capacité capitale car les guerres se gagnent avec la mobilité.

La France aurait-elle aujourd'hui les moyens de «refaire» la Guerre du Golfe de 1991?

Oui car la professionnalisation des armées nous permet de mobiliser davantage de soldats qu’à l’époque de la Division Daguet. Mais les matériels terrestres utilisés sont  à peu près les mêmes dix-sept ans plus tard !

Que pensez-vous de la réforme des armées qui s'annonce ?

C'est là encore la conséquence des choix qu'on a sans cesse remis à plus tard. La professionnalisation, notre dernière grande réforme, n'a pas été menée jusqu'au bout. On a conservé des régiments croupions et des bases aériennes non viables économiquement. C’est un non-sens en terme de formation et d'entraînement. L’idée de créer des bases de regroupement interarmes, voire interarmées, va donc dans le bon sens  : c'est la mutualisation du  soutien et   de la logistique, ce qui va dégager des économies de fonctionnement au quotidien . La révolution qui se prépare dans les armées peut être un électrochoc motivant pour les militaires qui ont la foi chevillée au corps. Les tièdes et les pétochards resteront sur le bord de la route car le changement fait toujours peur.

En réduisant de 50.000 à 30.000 hommes le nombre de ses militaires projetables, la France ne revoit-elle pas sérieusement à la baisse ses ambitions ?

Ce contrat opérationnel n'était pas réaliste ! Car pour 30.000 hommes projetables, il faut en mobiliser 90.000: 30.000 sur place, 30.000 qui se préparent à prendre la relève et 30.000 qui viennent de rentrer. Or la France est devenu un petit pays dans le monde de par sa démographie avec seulement 63 millions d'habitants.


Propos recueillis par Bruno FANUCCHI




par Général de Richoufftz
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Jeudi 29 mai 2008

Chers amis,


J’observe que mon dernier « papier » ne vous a pas laissé indifférents et je dois dire que vos commentaires me font chaud au cœur et me donnent le courage nécessaire pour essayer de vous faire partager un certain nombre de mes convictions. Merci de m’y encourager, et maintenant que « j’ai posé la musette » n’allez surtout pas croire que je me sois rangé des questions multiples qui agitent notre pays depuis des années et exclu, parce que j’aurais quitté l’uniforme, de l’action de terrain. Rassurez-vous : je tisse patiemment , mais pas assez vite à mon goût, le réseau  indispensable au cœur de notre société, afin de pouvoir poursuivre avec une cohorte de fidèles et de convaincus la mission que je me suis donnée depuis l’opération réussie des « 105 permis » : mettre au travail les laissés pour compte ou les plus malchanceux en leur donnant la fierté d’être Français. Il me faut convaincre, ce qui n’est pas difficile, trouver les appuis indispensables, ce qui n’est pas non plus le plus compliqué mais surtout obtenir un « feu vert » de responsables : ça c’est le moins facile car comme vous le savez le courage n’est pas la qualité première et la mieux partagée… Je me suis déjà exprimé sur ce sujet.


Or je me montre intraitable car pour moi la mise au travail ne peut être ni un effet de manches, ni un coup médiatique, encore moins un positionnement à bon compte. On ne doit pas jouer impunément avec le « être Français ». C’est un acte réfléchi, volontaire, exigeant qui demande un effort personnel et un engagement réel de celle ou de celui qui désire ne plus rester en marge. Vous l’aurez compris, vous les plus jeunes qui m’avez connu ces dernières années, vu dans l’action et accompagné dans cette démarche commune de recherche de votre place dans la société, je suis toujours à votre écoute tout en essayant de convaincre un certain nombre de partenaires-décideurs à « nous » faire confiance : je sais que je puis compter sur vous, un réseau des sympathisants de plus en plus large, et que nous réussirons. Il est dur d’attendre et croyez bien que j’en suis le premier désolé. Et c’est d’autant plus rageant que peu nombreux sont ceux qui savent vraiment organiser.


Ne perdez ni espoir, ni courage.
Sachons puiser au tréfonds de notre histoire de France, qui n’est pas véritablement enseignée comme elle devrait l’être, ces exemples simples de petits faits qui ont fait et la grandeur de notre pays et donnés à ceux qui ont contribué modestement à l’écriture de ces quelques pages la volonté farouche de « donner aux autres ».

A bientôt!


Emmanuel de Richoufftz

par Général de Richoufftz
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