Commentaires

Mardi 20 octobre 2009
Il y a quelques semaines  les autorités ministérielles en charge de l’immigration choisie ont semblé prendre à bras le corps la question des illégaux de Calais ; des clandestins par centaines qui occupent le terrain depuis des mois, en attente de franchir la Manche mais quand ?

Une vaste opération de nettoyage des immondices et des abris de fortune amoncelés durant des mois dans des campements sauvages par une population en attente de se frayer un cheminement vers la Grande Bretagne, véritable Terre Promise pour ces sans abris et gagne pain ô combien rémunérateur pour des passeurs peu scrupuleux et à peu près intouchables, a été conduite tambour battant. Des moyens policiers importants furent déployés au petit matin pour une mise en scène politico-médiatique visiblement bien orchestrée : concentration de policiers, dispersion des associations, destruction des campements, « arrestation » des sans papiers, « sélection » des possibles ayant-droits, « accompagnement » vers des lieux de rétention hors du département afin de fixer leur sort administratif à d’éventuels réfugiés politiques.

Et toute cette mise en scène, pour quel résultat ? N’a-t-on pas dit que les principaux intéressés avaient été avertis la veille ou l’avant veille par des associations vigilantes? Les réfugiés chassés n’ont-ils pas rejoint la zone de Calais en seulement vingt-quatre heures, applaudis par un public totalement acquis ? Ces mêmes associations qui vivent et prospèrent grâce aux subsides accordés par les Pouvoirs Publics… Dans ce cas, un bien curieux mélange : contribuer au maintien d’une situation bloquée tout en vilipendant ceux qui sont chargés de faire appliquer la loi. Et pour faire bonne mesure, donner de la voix avec le chœur des humanoïdes scandalisés à l’idée d’un renvoi possible, chez eux en avion, de sans papiers afghans.

Ces jeunes afghans, entre autre, venus chercher en Occident un avenir digne mais improbable que nos démocraties seront dans l’incapacité de leur assurer tant nos difficultés sont immenses. A cette période de leur histoire ou tous les bras vaillants sont plus que nécessaires pour édifier la nation afghane, que ce soit en portant les armes contre l’ennemi ou en se lançant à corps perdu dans la reconstruction physique de ce pays marqué par plus de trente années de conflit, ces  volontaires au départ ne sont que des déserteurs qui s’ignorent . Il est en effet plus facile d’assumer le risque de « passer » en geignant sur son sort accepté que de répondre « présent » à la défense de sa patrie. Il est proprement injustifiable que nos soldats et ceux de la coalition engagés dans une guerre rude contre le terrorisme donnent leur vie pour ceux-là même qui fuient leurs responsabilités.

Nos associations devraient s’en souvenir !



En réponse à vos commentaires:

J’observe que ma prise de position concernant la « jungle de Calais », que certains jugent « décalée », a provoqué nombre de commentaires de votre part. Je vous en suis reconnaissant car cela démontre, s’il en était encore besoin, que vous semblez avoir du caractère! Et puis vos interventions me stimulent et me confortent dans mon cheminement…
Il y a une semaine je me trouvais dans l’enceinte des Invalides à Paris, comme huit cent autres anonymes. Une soirée avec la musique de la Légion Etrangère, qu’accompagnaient les Petits Chanteurs à la Croix de Bois, était dédiée aux blessés de l’armée de terre. Les droits d’entrées recueillis permettront à la Cellule d’ Aide aux Blessés de l’Armée de Terre - CABAT- , cette année encore, de venir en aide à nos soldats atteints dans leur chair et de soutenir leurs familles. Pas moins d’une centaine de victimes pour le seul théâtre Afghan depuis le début de l’année, dont certains estropiés à vie : sans commentaire !
Par Général de Richoufftz - Publié dans : Regard sur la politique
Ecrire un commentaire - Voir les 17 commentaires - Recommander
Mardi 6 octobre 2009
Il n’est pas commun d’être appelé à remettre une décoration à quelqu’un de particulièrement méritant et qui a profondément marqué les siens, ses concitoyens et sa ville. Avoir eu une vie exemplaire, riche et passionnée tout en conservant son âme intacte, n’est pas donnée à tout le monde. Etre un exemple de discrétion et de modestie au point d’avoir attendu aussi longtemps cette récompense, témoigne de notre propension collective à oublier ceux et celles « qui font » loin du tumulte et des feux de la rampe.

Vu le nombre que nous étions à entourer le récipiendaire, à ressentir l’émotion générale qui parcourait l’assistance recueillie, et la présence des autorités, trahissait une évidence: dire « merci » tout simplement du fond du coeur.

Je fus heureux d’avoir pu participer à cet hommage et je me permets de vous faire partager partie de cette vie qui est aussi une histoire hors du commun.



« Madame le député
Monsieur le président du conseil général
Monsieur le maire
Monsieur le sous-préfet
Messieurs les présidents
Messieurs les officiers et sous-officiers
mesdames messieurs,
chers amis brignolais ,
cher Michel.


C’est non sans émotion, et vous le comprendrez aisément car brignolais d’adoption et de cœur, qu’il me revient le redoutable honneur de remettre, devant vous, les insignes d’officier de l’ordre national du mérite à l’un de nos concitoyens que chacun connaît et estime, je le pense : Michel Dutto.

Michel Dutto, en ce jour au milieu de nous et plus largement dans le pays brignolais, chacun le connaît. En effet l’histoire de notre ville, depuis ces soixante dernières années, a croisé la vie de Michel, l’a orientée aussi.

Brignolais par sa naissance le 15 mars 1935, il est le second d’une famille de 3 enfants ; Jean l’aîné et Mireille. Dés l’âge de 13 ans, car n’ayant pas la chance de faire des études, facilité donnée aujourd’hui à tous les enfants de France, il seconde son père Edouard  à la menuiserie-ébénisterie familiale, qui est aussi, avant l’heure, un magasin d’antiquités. Ce père rigoureux, excellent artisan, soucieux du travail bien fait, va élever ses 3 enfants avec Marguerite, sa femme, dans cet esprit : leur donner une vie tournée vers un métier manuel, pour chacun d’entre eux. Le bois, la pierre, le fer pour les 2 frères, la poterie et la couture pour la cadette seront leur domaine de prédilection.
C’est décidé, le petit Michel se tournera vers l’ébénisterie ; ce sera sa vie, sa passion : elle ne le quittera pas ! En 1948 déjà, il reçoit sa première distinction ; le diplôme d’honneur de la chambre des métiers du Var : il n’a que 13 ans ! C’est encore un enfant ! Il récidive quatre années plus tard ; il est récompensé de la médaille de bronze, à Marseille - à la ville !- lors de l’exposition régionale du travail des meilleurs ouvriers de France.
En parallèle à ce métier astreignant dans lequel il excelle, son père comme tuteur, il suit des cours au lycée Raynouard. Curieux de tout, vif d’esprit, pragmatique, soucieux de développer un travail de qualité en toutes circonstances, apprécié pour son sérieux, il est tout à la fois un autodidacte discret et un entrepreneur dans l’âme qui ne se départit jamais de sa bonne humeur.


Ces qualités foncières tout autant que les principes d’éducation qui ont marqué son enfance et sa famille, seront essentielles quand en 1958, avec son frère Jeannot, il reprend le flambeau familial. En quelques années, grâce au travail acharné des 2 frères bien sûr mais aussi en raison de cet esprit d’entreprendre qui l’habite, l’artisan que l’on connaissait à la « Todt » comme l’on disait alors, et dans ses locaux du vieux Brignoles se mue rapidement en une entreprise prospère. Ils furent les premiers à s’installer sur la zone industrielle dès 1969. Une anticipation de tous les instants, des opportunités saisies à bon escient, l’amour du beau et du travail bien fait en toutes circonstances, un penchant naturel pour la restauration du patrimoine, une complémentarité bien comprise des actions à conduire, un accueil chaleureux d’un public de plus en plus nombreux contribuent à établir leur renommée, qui perdure : celle de l’entreprise Dutto.

Les multiples œuvres de restauration locales, lourdes en terme d’implication matérielle et humaine que ce soit à Brignoles, Draguignan, Tourtour, Le Val , entre autre, comme les travaux effectués chez des personnalités connues et établies sur la Côte d’Azur ou dans l’arrière pays, assoient leur notoriété. Elle dépasse désormais les limites du département. Paris et sa région, de nombreux pays européens, les Etats -Unis, l’Australie et la Nouvelle Zélande ont fidélisé, au fil du temps, une clientèle qui recherche, avec vous et au travers de vous, l’authenticité avant tout.


Incontestablement Michel, vous avez été un entrepreneur au sens plein du terme. Il ne s’est pas s’agit pour vous de « travailler plus pour gagner plus » mais de donner, ou de redonner au verbe « travailler » toutes ses lettres de noblesse ; nous ne pouvons que vous en être reconnaissants.


Mais il apparaît qu’au-delà du métier pour lequel vous étiez prédestiné, vous ne pouviez pas, en raison de votre personnalité, vous tenir en dehors de la vie de la Cité.
Sa parfaite connaissance de la ville - Michel n’a jamais quitté Brignoles -la complicité de plusieurs générations de brignolais qui sont devenus ses amis, l’évolution de la cité qu’il a vécue depuis plus d’un demi siècle, son ouverture d’esprit acquise grâce à la richesse des relations entretenues au fil des années, son dévouement naturel et ses qualités humaines d’écoute de l’autre, cette aide discrète qu’il sait apporter à chacun et, chose importante, la retenue dont il sait  faire preuve, ne pouvaient que faciliter cet engagement au profit de la collectivité.

Membre fondateur de la Jeune Chambre Economique en 1969, il a animé le Groupe « perspective du devenir du pays brignolais » à une période charnière pour l’économie locale : comment préparer l’après  bauxite ?
En 1975, à l’issue de ce premier engagement et pour une durée de 5 ans, il est délégué Consulaire à la Chambre de Commerce et d’Industrie : il prend une part essentielle dans la création de l’antenne de la CCI à Brignoles.
A partir de 1977 et jusqu’en 1995 , il est conseiller municipal. 18 années marquantes, riches, durant lesquelles il œuvrera dans les domaines intéressant le développement économique et ceux s’y rapportant. En charge de l’amélioration de l’habitat en centre ville, responsable du développement de la voierie, délégué au comité de la foire exposition, membre du syndicat des commerçants et d’artisans de Brignoles, il est une personnalité qui compte au sein de l’exécutif municipal.
De 1980 à 2003, il est juge Consulaire du Tribunal de Commerce de Brignoles. 23 années durant lesquelles il assure en particulier les procédures collectives et les référés. Il est juge honoraire des tribunaux de commerce.


Mais je ne serai pas complet si je n’évoquais pas son implication, également, dans le domaine culturel et historique de la ville. Membre du bureau du Musée, membre du Comité Saint Louis, guide pour les visites de la ville historique, Président de l’association pour la sauvegarde du patrimoine brignolais, Michel ne vit pas seulement à Brignoles : il vit Brignoles.
Son dernier ouvrage, « chroniques brignolaises 1939-1945 », travail de recherche historique de plusieurs années témoigne, s’il en état besoin, de son attachement charnel à sa ville comme à ses habitants.
Vous l’aurez compris c’est un engagement délibéré, de tous les instants, actif et passionné, rigoureux et organisé, sans faille et sans fard mais désintéressé. D’ailleurs  je ne connais personne qui dise du mal de vous Michel et pourtant, qui ne connait pas Michel Dutto ?


Michel, votre modestie dut-elle en souffrir, vous êtes un acteur essentiel de notre Cité.


Je ne serai pas non plus complet si n’évoquais pas votre passé de soldat. Cette période, 1955 à 1958, vous a marquée.
Michel Dutto fait son service militaire et sert au 57e bataillon du Génie appartenant à la 7e DMR : en un mot il est en Algérie.
En novembre 1956, avec le corps expéditionnaire franco-britannique, il est engagé dans l’aventure du canal de Suez. En janvier 1957 il participe à l’évacuation de nos ressortissants en Tunisie.
Expérience militaire riche, unique, pour laquelle il obtiendra  récompense et reconnaissance de la Nation. Au cours de ces années marquantes il rencontre d’autres jeunes brignolais engagés dans ces aventures post coloniales et côtoie des unités d’élite, parachutistes et légionnaires. Il conservera une indéfectible fidélité à ces acteurs oubliés, et parfois méprisés, de notre histoire de France. Il n’aura de cesse de maintenir la flamme, de renouer avec la camaraderie vraie acquise sous l’uniforme et dans l’adversité, de mobiliser les énergies et les cœurs en vue d’une juste reconnaissance . Il fera preuve, dans ce domaine aussi et à l’égard de ses pairs anciens combattants, d’une énergie farouche.
Membre fondateur du comité d’entente des anciens combattants, il en devient le président en 1971. Il prend une part prépondérante dans l’organisation et la représentation des différents bureaux non seulement à Brignoles, et dans le département, mais au-delà. Il est également délégué national de la FNACA.

Coordonnant, animant, organisant, il redonne tout son sens au souvenir de ceux qui ont donné leur vie ou ont été meurtris dans leur chair, au service de la Patrie. Il est au cœur du lien armées-nation.

50e anniversaire du débarquement en Provence, commémoration de la libération de Brignoles, réception des vétérans américains, puis 60e anniversaire, sans oublier les grandes manœuvres que nous avons organisées, conjointement, en 1993 et 2002 : un formidable terrain d’instruction mis à la disposition de mes soldats, avant leur engagement armé. Nous ne l’avons pas oublié !

Cette fidélité au passé, à l’histoire qui s’est écrite dans la douleur et dont on en oublie peu à peu ses stigmates, vous en êtes, Michel, en quelque sorte le dépositaire. Dans ce domaine aussi, vous aurez marqué vos pairs.


Chers amis, vous aurez compris, au travers de mon propos, que Michel représente davantage qu’un citoyen ordinaire.
Une vie professionnelle hors norme, un engagement constant au bénéfice de la Cité ainsi qu’un dévouement sans nul autre pareil à l’égard de nos anciens soldats, ne sont pas seulement la preuve tangible d’une vie parfaitement remplie et orchestrée.
Les qualités dont vous avez fait preuve depuis plus de soixante années, et qui sont vôtres, sont la marque d’une existence consacrée à la quête permanente du beau, du bien et de l’excellence.


Michel Dutto n’est pas seulement Brignolais ; il est aussi un ambassadeur remarqué de la cité des comtes de Provence.


Chers amis pour toutes ces raisons, et fort du soutien que vous accordez déjà et de longue date à celui que nous honorons aujourd’hui, je crois que le moment est venu de lui remettre les insignes qu’il mérite amplement et qui font honneur à sa famille et à nos concitoyens.
Je vous remercie. »


Un exemple :  assurément !
Par Général de Richoufftz - Publié dans : Messages aux lecteurs
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander

Soutenez l'action

Parlons-nous!

Je suis journaliste.

Vous avez dit...

"Un plaisir de vous relire!"


 
"Nous le savions bien que vous alliez poursuivre cette démarche de communication si importante(...)Nous savons que votre action demande de l'énergie et du temps."



"Si nos corsaires, et leurs pairs, étaient vraiment bons, ils auraient fait l’économie d’une lettre." Maxime


"Le véritable lien armées-nation est quelque chose de trop important pour être continuellement exprimé. C'est quelque chose qui est évident que les gens n'y prennent plus garde, et ce sentiment ressurgi dans les moments difficiles, comme maintenant avec ces soldats tombés en Afghanistan. J'ai l'impression en revanche que les gens ne considèrent l'armée plus que périodiquement, dans des élans patriotiques similaires à ceux qu'on voit lors des coupes du monde ou des JO. Or l'armée n'est pas une équipe de football ou de rugby; l'enjeux est incomparable. Le lien qui vous est cher, Général De Richoufftz, existe, mais il est sommeillant, il se réveille périodiquement, mais pas tout le temps, du moins c'est mon impression. Dans tous les cas, je trouve votre travail très intéressant bien que je n'en aie consulté qu'une partie encore. Cordialement," Lorraine


"A Jacques : je suis heureux de cette réaction d'Emmanuel, qui n'a jamais hésité à mettre sa carrière (ou son commandement d'unité) en jeu pour défendre ses idées, et a pris les plus grands risques sans se cacher derrière l'anonymat. Le devoir de réserve, c'est clairement une obligation de ne pas faire état de ses divergences de vues pour l'intérêt du service. La règle est claire. Mais la règle de l'honneur et du sens de l'intérêt collectif est tout aussi claire, si c'est l'intérêt du service, et qui plus est du service public, qui est en jeu, l'obligation du fonctionnaire, qu'il soit civil ou militaire, est bien de remetttre publiquement sa démission pour ne pas entériner ce qu'il pense être un manquement ou dévoiement de la mission. Nos généraux anonymes se content de tirer la sonnette d'alarme sans remettre leur carrière en jeu. Sans doute pensent-ils que la situation n'est pas assez grave. C'est là qu'ils se trompent, et que leur démonstration finalement tombe à plat, faute d'être pleinement assumée. Hommage à ceux qui signent !" Pierre Bayle "Les Européens veulent des Droits égaux pour tous. Les Allemands revendiquent comme les Irlandais, les Français, les Hollandais ou les Espagnols le Droit de dire NON. SARKOZY saura t il les comprendre aussi ?" Sophie

Rechercher

W3C

  • Flux RSS des articles
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés