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Samedi 1 décembre 2007
Depuis dimanche nous voici donc replongés dans la violence gratuite, et rattrapés par  la réalité, terrible parce qu’inévitable. Il en sera ainsi parce que ni les pouvoirs publics, ni la représentation nationale ne semblent vouloir prendre la pleine mesure de notre incapacité collective, depuis plus de 25 ans, à apporter des solutions concrètes à un double défi: une politique d’intégration marquée par son échec patent et notre incapacité à réguler les flux migratoires, en particulier ceux du Maghreb et de l’Afrique Noire, alors que nous n’avons plus les moyens, depuis longtemps, d’accueillir dignement des populations en recherche de travail et insuffisamment qualifiées. Les Trente Glorieuses, période économique faste qui avait pu « absorber » sans état d’âme des dizaines de milliers de  travailleurs - et par là même autant de prétendants à la citoyenneté - ne sont plus qu’un lointain souvenir !

Dans ces conditions ce sont bien pêle-mêle les sentiments d’échec, de frustration, d’incompréhension, de désespoir, de mal être à l’égard du pays d’accueil qui taraudent les esprits et les cœurs des générations montantes ; elles s’estiment laissées pour compte et sont les ferments sous-jacents d’une sourde révolte latente. Et tous les prétextes paraissent pouvoir être saisis pour qu’elle éclate, la justification de la violence trouvant alors ses racines dans un mal être devenu insupportable pour toute une frange cantonnée à un quotidien peu reluisant, en marge du progrès !

Ce nouveau « coup de chaud » n’est pas autrement surprenant compte tenu du terreau que nous avons laissé s’instaurer depuis des décennies et de l’absence de mesures marquantes afin de s’attaquer aux racines du mal ! Tout au plus des mesurettes prises au gré des évènements et de la politique spectacle,  davantage des pis allers pris sous la contrainte de la rue que des solutions pragmatiques aux buts clairement définis ; le nombre sans cesse croissant des structures en charge de la politique de la ville, le morcellement des responsabilités et des sources de financement dédiés comme les strates administratives - mille-feuilles castrateur des énergies -  témoignent, hélas, d’une réalité bien française : pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué !
Dès lors, les promesse réitérées de mise ou de re-mise au travail ne peuvent être tenues, l’égalité des chances présentée comme potion miraculeuse demeure une utopie,  l’accès à la citoyenneté un leurre …

Il est plus que temps de réagir. En effet, faute d’avoir acquis les règles essentielles qui dictent notre conduite de citoyen – celles, quasi millénaire, de notre Etat Nation -, d’en refuser les contraintes voire de se complaire dans une certaine marginalité de fait , d’en contester le bien-fondé, de ne se gaver que des « droits » que notre République, bonne fille, octroie à chacun et d’en refuser, voire de contester, les « devoirs » qu’implique notre appartenance à la collectivité nationale, une partie du corps social a d’ores et déjà fait sécession.

Bien souvent en marge, vivant de trafics lucratifs, solidement implantées dans des territoires sous contrôle, disposant d’affidés en nombre, de plus en plus jeunes, à la fois hommes de mains et complices, jouissant par là même d’une impunité quasi totale en raison de la menace qu’ils font peser sur leur entourage et sur ceux de nos concitoyens les plus faibles, ces bandes se sont arrogées des fiefs sur lesquels elles exercent leurs activités rémunératrices. Autant de « zones de non droit » connues, répertoriées, maintes fois dénoncées mais maintenues en tant que telles pour des motifs qui échappent à l’entendement, qui sont une véritable poudrière au cœur de la Cité.

Ce sont ainsi plusieurs dizaines de sites, hors la loi, que nous avons laissé s’installer depuis des décennies. Leurs « propriétaires », « businessmen » de la drogue et acteurs omnipotents sur les marchés parallèles, et dérangés dans leur quotidien, apparaissent bien les fauteurs de trouble dont on observe les exactions et les méthodes.

Bénéficiant de l’appui « spontané » de groupes prêts à en découdre avec les forces de l’ordre, ils organisent les échauffourées en véritable professionnels du combat urbain : petits groupes très mobiles et connaissant parfaitement la géographie des lieux, organisation et coordination des actions de harcèlement, discipline des « combattants » de la nuit, adaptation constante de la tactique à opposer aux policiers, utilisation des complicités réelles ou forcées, caches et dépôts constitués en préalable à l’action, intrusion dans les réseaux radio de « l’adversaire », donnent une autre dimension à des manifestation de quartier de naguère qui n’en sont plus. Nous avons désormais à faire à des professionnels de l’émeute en banlieues, aguerris et  assurés qu’ils étaient, jusqu’à présent, de pouvoir agir en toute impunité.

L’utilisation de fusils de chasse préfigurant, ne sait-on jamais, l’emploi d’armes de guerre dont on connaît la présence, en ces lieux désertés par la police, transforme radicalement le face à face . Il s’agit désormais non plus de « casser du flic » pour le « fun » comme ils disent, mais bien de tuer des représentants de la force publique! Un nouveau pas vient d’être franchi au cours de ces quelques heures : la défense d’un « pré carré » acquis grâce à la violence, aux trafics et aux extorsions de fonds justifie donc l’emploi d’armement comme outil et le meurtre comme finalité. C’est une nouvelle escalade : celle des bandes organisée, incrustées au cœur de la Société, avec la guérilla urbaine comme mode d’action et la banalisation de la mort comme leitmotiv.

Atermoiements, hésitations, reculades, faux fuyants ne sont plus de mise ! Eteindre à tout prix le feu qui menace, et quel qu’en soit le prix, devient la priorité de l’Exécutif. Seule la force de l’exemple - l’éradication, sans attendre, des zones de non droits - pourra redonner confiance à la majorité silencieuse qui fait la France.
par Le général de Richoufftz publié dans : general.de.richoufftz
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Samedi 3 novembre 2007
Une nouvelle actualité chassant la précédente - ainsi va notre société attachée davantage au superficiel qu’au fond - nous en avons presque oublié la pagaille dans laquelle nous avons été plongés, il y a moins de quinze jours. Heureusement les médias sont bien présents pour nous distiller, entre 7h00 ce matin et les préparatifs de départs en vacances, des informations selon lesquelles « on » nous remettrait le couvert pour une nouvelle journée de revendication et autre défense des intérêts du service public.

Le « citoyen - électeur- contribuable » a toutefois du mal à comprendre la logique qui paraît sous-tendre les actions de terrain - expression pudique destinée à faire « avaler » la pilule de la grève - qui prennent en otage ceux et celles dont une partie du fruit de leur travail, justement, contribue à la rémunération des acteurs des transports ferroviaires, qu’ils soient nationaux, régionaux ou locaux. C’est tout de même assez fort de café!

En effet, outre le prix des billets que chacun acquitte et qui est en augmentation annuelle constante, ce sont bien nos impôts qui, pour l’essentiel, permettent l’équilibre des dépenses de ce secteur. L’Etat, c’est à dire le contribuable, intervient massivement , à coup de millions d’euros, afin d’éviter la banqueroute de l’ensemble de la profession. Et cette pratique coûteuse et qui perdure depuis la fin du second conflit mondial, qui peut se comprendre dès lors que les transports ne sont pas sensés relever du secteur concurrentiel parce que indispensables à la vie économique du pays ou maillant encore des zones non rentables en terme de «marché»,  ne semble pas devoir trouver d’écho en retour de la part de ces « agents de conduite »: solidaires et responsables…

Dans ces conditions comment croire que la situation du personnel incriminé - non seulement sous perfusion budgétaire au quotidien mais bénéficiant de très nombreuses facilités et de conditions de retraite avantageuses grâce au contribuable - puisse évoluer dans le sens voulu par le Gouvernement : un alignement progressif sur le régime des « autres » ? Comment faire accepter des « sacrifices » à une poignée d’irréductibles qui s’arc boutent sur des avantages que nous leur avons concédé du temps où le pays en avait encore les moyens ? Comment ne pas entrer dans le jeu des surenchères corporatistes par menaces de grèves interposées et céder une fois de plus?

Quelques points mériteraient d’être clarifiés et débattus, sans faux semblants, ni retenues :
- Avoir un langage de transparence et de vérité sur les fameux « avantages » - tous- et  des points de comparaison avec les entreprises étrangères similaires.
- Arrêter les dispositions propres à cette ou ces entreprises publiques, en prenant à témoin l’opinion , et les appliquer.
- Rappeler sans cesse que les quelques 2 millions de chômeurs, ces milliers de demandeurs d’emploi non référencés et cette masse vivant sous le seuil de pauvreté aimeraient pouvoir être ne situation de pouvoir faire grève.

Mais voilà,  pour défendre son « pré carré », quel qu’il soit, faut-il avoir un emploi !

Alors un peu de modestie vis à vis du citoyen-électeur-contribuable, et beaucoup de pudeur à l’égard des trop nombreux déshérités : il y va de la crédibilité du mouvement.

A défaut , ce serait la défense d’une cause perdue : celle des nantis !
par Le général de Richoufftz publié dans : general.de.richoufftz
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