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Cette période particulièrement dramatique que nous vivons, où chaque jour nous apporte son lot de mauvaises nouvelles concernant les ratés de l’économie mondiale, le défaut de paiement des Etats et des banques, le fardeau des dettes contractées que nous portons comme un boulet et qui plombe toute reprise, la panique boursière et les réactions erratiques des différentes places ces mois durant, l’incapacité des institutions monétaires et des gouvernements à trouver les voies et moyens d’un quelconque sursaut durable,  l’effondrement de pans entiers de nos économies nationales - des entreprises , grands groupes et PME, en chômage technique persistant, en liquidation ou en instance de l’être -, le chômage en hausse sensible touchant nos sociétés développées , un nombre sans cesse croissant de jeunes - notre avenir pourtant ! - dans l’incapacité de trouver un emploi pérenne autant par manque d’offres - le tissu industriel que nous connaissions et qui a fait la force de notre économie pendant un siècle , a fondu comme neige au soleil - que par l’inadéquation persistante entre formations acquises et emplois non conformes à celles-ci, condamnés à se contenter de subsides et de petits boulots en guise de CDI, en tout état de cause  à ne pas pouvoir « entrer » de plain pied dans la marche des affaires me paraît être le signe avant coureur d’une véritable crise de société : un désintérêt croissant de notre jeunesse pour la vie publique. Mais qui s’en soucie ?

 

Il est surprenant de constater que la crise de l’Euro, et par voie de conséquence, sans doute celle d’un « dé tricotage » annoncé de l’Europe des Etats telle que constituée, soit une surprise pour les dirigeants de nos nations . Pourtant il ne pouvait guère en être autrement dès lors que les « règles du jeu » financières initialement établies au cours de décennies de fastidieuses négociations techniques et de sommets politiques à répétition de nos  chefs d’Etats et de Gouvernements, ont été sciemment  ignorées, contournées, falsifiées ou reportées dans leur application. Or la viabilité de notre monnaie unique - certes formidable outil d’échange - , à défaut de reposer sur l’étalon or - celui des  monnaies nationales disparues - supposait l’établissement d’autres règles: ce furent les critères de Maastricht. Ceux-ci exclusivement fondés sur des indicateurs économiques avec, entre autre,  l’interdiction d’avoir un déficit public excédant 3% du PIB et une dette publique supérieure à 60% étaient la condition sine qua non de la viabilité de la monnaie commune. Atteindre de tels objectifs supposait de la collectivité européenne, confiance mutuelle, rigueur, transparence, détermination sans faille et courage politique. Las ! Si ce n’est la République Fédérale d’Allemagne et les Pays Bas, aucun autre pays membre n’a consenti les efforts structurels nécessaires ni pris les mesures adéquates et fait les sacrifices indispensables, dans le cadre espace temps imparti ; ainsi l’entité monétaire en devenir ne pouvait être que fragilisée et , à terme, mise à mal. Pour ce qui nous concerne, nous avons largement vécu au-dessus de nos moyens, creusant sans cesse les déficits depuis les années quatre-vingt et accentuant ainsi notre écart avec notre sempiternel « challenger », bon élève européen et puissance économique mondiale : l’Allemagne. Nos dirigeants politiques, toutes tendances confondues, aux affaires depuis plus de trente ans, repoussant aux calendes grecques le moment de prendre les mesures de fond en conséquence et misant sur le « tout consommation », se sont fourvoyés. Ils sont désormais acculés : faire vite !

 

Ainsi, à la fois surpris par les attaques soudaines et parfaitement ciblées des maillons faibles de la zone Euro,  mis en difficulté par l’ébranlement de nos économies développées , payant l’inconséquence de décennies de non décisions, ayant fait la part belle au court terme par souci de ménager le corps électoral, n’ayant pas su ou voulu prendre, à temps, les réformes de fond qui nous auraient permis d’avoir les capacités financières et le poids industriel suffisant pour résister, notre pays durablement affaibli par une dette que nous n’avons pas su maitriser et fragilisé par un trop plein de  dépenses  peu ou mal contrôlées, nos dirigeants sont désormais contraints d’agir dans la précipitation : conserver à tout prix le triple « A » fixé par les agences de notation d’outre Atlantique... Dans le cas contraire, c’est l’assurance de n’être qu’une puissance européenne de second rang ; nous mériterions mieux ! Dans ces conditions il s’agit de parer au plus pressé : taxes multiples et impôts supplémentaires pour tous ! Bonne vieille méthode…  S’il est tout à fait compréhensible, de mon point de vue, que les citoyens participent à cet effort collectif dès lors que la « Patrie est en danger » - et c’est le cas -, ce qui l’est moins c’est que nos élus - unanimes pour une fois -, n’aient pas eu le geste élégant de renoncer à une partie - même minime - de leurs avantages ou de leur salaire : c’eût été une manière de montrer aux Français que leurs représentants, largement dotés, les accompagneraient dans la tourmente autrement que par la parole. Pas du tout ! Dommage car une telle action eût permis à la classe politique de recouvrer la confiance perdue auprès d’un électorat désabusé, de rendre tout son sens à l’action collective et ne pas donner l’impression fâcheuse, une fois de plus, que seule la « gamelle » compte ! 

 

 

 

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Voilà plus d’une année maintenant que je ne me suis pas manifesté sur les différents thèmes d’une actualité ô combien riche mais désespérante à la fois, piteuse bien souvent et révoltante à bien des égards,  insupportable car focalisée pour l’essentiel sur le catastrophisme ambiant, et que je n’ai pas partagé avec vous - du moins avec ceux et celles qui m’ont accompagné ces années durant - les commentaires pertinents que vous ne manquiez pas de m’adresser alors.

 

Ceci étant , et contrairement aux apparences, je n’ai pas quitté le navire - celui de la réflexion et de l’écriture, de la communication et du partage  - pour je ne sais quelle destination juteuse en terme financier ou de reconnaissance et d’honneurs , voire retiré du monde dans quelque ermitage en attendant des jours meilleurs… J’ai pensé que devant la succession des évènements économiques, politiques, sociaux, militaires et environnementaux que nous vivons depuis un peu plus d’une année, l’accélération comme l’ampleur des phénomènes qui donne une impression de vertige, notre incapacité collective à juguler les crises sans fin et pourtant prévisibles, il valait mieux prendre du champ plutôt que de commenter dans la tourmente. Il s’agit bien, pour moi, de comprendre, pousser la réflexion, faire partager et proposer…

 

Dans ces conditions c’est bien dans le quotidien d’un travail difficile, ingrat parfois, mais ô combien enrichissant que j’ai concentré tous mes efforts : redonner leur chance dans la vie à des jeunes éloignés voire très éloignés du monde du travail. En un mot, le collectif qui m’accompagne depuis toutes ces années où j’ai rejoint le monde de l’entreprise, composé d’hommes et de femmes œuvrant dans le monde de l’insertion, mais pas seulement, animé par une foi inébranlable et un dévouement hors pair, éloigné de tout clivage partisan car animé par le seul objectif qui nous apparaît essentiel - développer le cursus d’insertion particulier, que j’avais initié, afin de permettre aux plus faibles, d’accéder à l’emploi - a fait feu de tous bois. Ainsi, c’est  bien une « coalition » qui s’est  progressivement déployée, cette année , sur plusieurs régions de l’Hexagone, obtenant des résultats plus qu’honorables de mise à l’emploi.         

 

Il est vrai que dans les conditions actuelles de crise majeure, de récession inéluctable, de lendemains incertains et de pessimisme ambiant, redonner du sens à l’engagement collectif - même sur une petite échelle - est incontestablement la preuve que nombre de nos concitoyens sont toujours prêts à s’engager pour mener des actions au profit de notre collectivité, sous réserve d’en comprendre le sens profond - expliquer sans fard -, d’en saisir l’intérêt non seulement à court terme mais sur le long terme - dire la vérité -, et d’adhérer sans arrières pensées - accepter le leadership, mais pas à n’importe quel prix ! -. Modestement, je crois pouvoir dire que nous avons su créer cette confiance mutuelle au travers d’un projet emblématique, trouver l’écoute et les appuis nécessaires parmi les acteurs représentatifs de la collectivité, associer des « mondes » qui n’avaient pas l’habitude de se côtoyer, donner espoir à un public délaissé parce que ignorant du cadre de vie, et ainsi fixer de nouvelles bases d’un contrat social accepté.

 

Oui, cela valait la peine de m’éloigner un peu.

 

 

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