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Dimanche 30 mars 2008
Enfin ça y est ! Les élections municipales et la désignation des conseils généraux ont pris fin, et les équipes sont en place. Je dois dire que le niveau des interventions pendant toutes ces semaines, les prises de position des uns et des autres sur notre échiquier politique, les attitudes de nombre de candidats comme les déclarations des « perdants » et des « gagnants » n’ont guère fait grandir la démocratie. Suis-je sévère pour nos représentants issus des urnes, qu’ils aient des responsabilités nationales ou locales? Je ne sais. Ce dont je suis sûr, comme tant d’autres dans ce pays, c’est que rien ne semble avoir été véritablement traité au fond depuis un an, en dépit des assurances prodiguées et des certitudes affichées. Les soucis quotidiens du plus grand nombre comme la résolution des problèmes au jour le jour paraissent avoir fait pièce aux velléités de réformes, les ambitions personnelles sous-jacentes et les rivalités de personnes, exacerbées par les médias, ont été autant de contraintes supplémentaires, quant aux manifestations de mécontentement, observées ici et là, des motifs supplémentaires de reculade.

Pour autant est-ce que la fin de cette parenthèse électorale signifie un retour à l’action au mieux des intérêts de la collectivité nationale ? Lutte contre le chômage, sécurité, plan d’égalité des chances, sécurité sociale, réforme hospitalière, refonte du code du travail, réforme judiciaire, Europe, Défense, réforme de l’Etat, plan banlieues, diminution du nombre de fonctionnaires, réforme de Education Nationale, révision de la loi électorale et du cumul des mandats, suite du Grenelle de l’environnement, ferroutage, sont quelques uns des « grand chantiers » qui nous attendent…Et je n’évoque pas le mille-feuilles administratif d’un autre temps, autre exception française, auquel nos édiles répugnent à toucher ! Pour parler clair, il y a du pain sur la planche !

Connaissant un peu nos institutions pour les avoir côtoyé des années durant, conscient de la force d’inertie dont sont capable nos administrations dès lors qu’il s’agit de se remettre en cause, même à la marge, sachant que l’intérêt collectif, bien souvent en France, s’efface devant l’individu, jugeant que le temps « utile » pour conduire les réformes, un quinquennat, est compté et que le poids de l’Europe se fait désormais sentir dans tous les domaines de notre vie de citoyen, je juge l’entreprise - réformer - non pas hors d’atteinte, mais complexe à conduire.

Ne nous voilons pas la face ! Seul le résultat comptera si nous ne voulons pas être à la traîne des pays développés, acceptant en outre des déficits incompatibles avec le rang que nous souhaiterions encore tenir dans le concert des nations. A force d’attendre et de se donner bonne conscience avec des échéanciers politiques qui reculent encore l’instant de relever ces défis salvateurs, nous pourrions être amenés à entonner une chanson célèbre du répertoire de la regrettée Dalida : « Paroles, paroles… ».

J’ose croire que le réalisme prévaudra et que nous serons au rendez-vous de l’histoire dans les temps.
par Général de Richoufftz
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Dimanche 17 février 2008



Le monde tel qu’il s’organise depuis une trentaine d’années maintenant et la manière dont nous subissons l’accélération de ce qui semble être une marche forcée vers le tout économique, témoigne d’une transformation majeure des relations internationales
c’est à dire des rapports humains que nous entretenons les uns avec les autres sur la planète Terre.
Les années quatre-vingt dix marquent une rupture flagrante entre deux époques. C’est une mise entre parenthèses, durable je crois, des idéologies qui avaient « façonnées » les esprits et la géographie de notre « village planétaire » des siècles durant car sous-tendant les actions militaires incessantes.

Les levées en masse et les guerres populaires de ces deux derniers siècles, les mobilisations générales et les peuples en armes furent la traduction des luttes fratricides et sans merci pour des gains territoriaux, des aménagements de frontières, des conquêtes régionales, des ambitions politiques sans cesse contestés, illusoires dans la durée mais se soldant par des hécatombes et des destructions dont nos nations développées portent encore les stigmates.
Ces motifs et ces comportements paraissent avoir été définitivement si ce n’est jetées aux poubelles de l’histoire du moins effacées de nos mémoires. Nul ne peut prédire une quelconque reprise de conflits aux échelles et dans la durée que nos grands parents et arrières grands parents ont connues, tant leur probabilité d’occurrence apparaît faible voire appartient à un passé révolu. En est-ce pour autant fini durablement avec les «grandes batailles» qui sont la traduction, sur le terrain, du choc des idéologies portées à leur paroxysme ?

Certainement, car les rapports confiants, raisonnables, établis entre les Etats à la fin du second conflit mondial comme la reconnaissance des grandes organisations internationales qui « prennent la main » en politique, le fait nucléaire -« épée de Damoclès »- et l’incertitude que font peser ces armes à d’éventuels «trouble-fêtes » dans un monde en paix, la suractivité des médias à la fois témoin gênant et bonne conscience universelle, sont autant de garde-fous bien ancrés et durables qui nous mettent à l’abri des velléités politiques et idéologiques démesurées qui se traduiraient en belligérances militaires d’envergure.
Je crois qu’il y a lieu d’être confiant quant à l’avenir post « guerre froide » pour ce qui concerne une remilitarisation telle que nous l’a enseignée l’histoire d’entre les deux derniers conflits mondiaux et cette course aux armements démesurée qui a marqué la deuxième moitié du XXème siècle.

Nous sommes désormais, collectivement, confrontés à une autre logique: celle du tout économique. Un système qui fait la part belle au « toujours plus », course insatiable au « mieux être » individuel associé à l’émergence d’une démocratie universelle comme règle politique ou comme objectif à atteindre, à terme, pour ceux des Etats, encore nombreux, qui s’exfiltrent progressivement d’un lourd passé idéologique castrateur. Autrement dit le monde moderne, commerçant et sans frontières, modifie les règles de gouvernance politiques et économiques des Etats et, par là même, transforme la fonction militaire « traditionnelle ». Ne nous trouvons-nous pas désormais dans une autre logique de légitimité de l’Etat qui ne serait plus :« comment vais-je préparer la guerre, la conduire et la gagner ? », socle de notre histoire collective nationale, mais plutôt « comment vais-je préparer ma population à la compétition internationale ? »…

Il devient urgent, pour notre devenir en tant que Nation, d’une part de trouver les voies et les moyens, comme les éventuelles parades, qui puissent nous permettre de relever le défi, en tant qu’Etat, de ce que l’on appelle la mondialisation et, d’autre part, de justifier les missions de nos armées dans un contexte et un environnement totalement transformés : redonner un sens au « made in France ». Comme je l’ai dit et écrit à plusieurs reprises, le dynamisme de nos alliés est apparu dès lors qu’il s’est agit de conquérir des marchés post-conflits au cours de ces années de changements, y compris dans le cadre d’alliances militaires où nous avions toute notre place - en ex-Yougoslavie, au Proche Orient, en Afrique…-, que ceux-ci se sont déclarés de redoutables adversaires économiques ayant une claire conscience des nouveaux enjeux et déployant, en conséquence, l’organisation, les moyens et les hommes pour « gagner ».

Dans ces conditions il s’agit de placer nos chefs d’entreprise - qui sont les nouveaux « guerriers » au quotidien - en position de ne pas perdre , voire de conquérir de nouveaux marchés, dans ce contexte de guerre économique à l’échelle planétaire.
Autant les grands groupes, qui disposent de capacités financières suffisantes parce qu’internationaux bien souvent, de la « matière grise » en nombre et d’une « assise » géographique élargie peuvent faire face aux défis d’une concurrence exacerbée, autant nos PME/PMI qui représentent plus des deux tiers des emplois du secteur productif français n’ont pas les mêmes capacités.
Pourtant ces entreprises à fort potentiel de croissance constituent le terreau des futurs intérêts de puissance de notre pays. Elles représentent l’avenir, notre devenir. Bénéficiant de capitaux exclusivement nationaux et recrutant des collaborateurs issus de nos écoles et formés par notre système éducatif, « collées » aux réalités locales elles apparaissent bien comme le « porte drapeau » de cette France qui a tout pour gagner…
Ainsi les nouvelles « règles du jeu » mondiales mettent la compétition économique au cœur des relations internationales.

Mondialisation et libre circulation, économie reine et poids croissant des entrepreneurs, toute puissance des organisations internationales et bonne conscience collective, construction européenne et effacement progressif des Nations, maillage Internet et frontières devenues obsolètes, posent la question du devenir de nos armées nationales: quelles missions leur confier dans ce contexte global où l’économie est devenue reine?
Une armée, ce sont d’abord des hommes et des femmes qui ont choisi de servir leur pays jusqu à donner leur vie si nécessaire, sacrifice accepté pour la défense de la communauté humaine dont ils sont issus. Le drapeau représente le symbole fort de la Nation dont ils sont les garants ultimes et celui des sacrifices consentis par des générations de soldats qui se sont succédées pour que nous soyons libres, Français. L’hymne national, comme nos trois couleurs, marque cet attachement charnel à la Patrie et transcende le citoyen.

Mais ne faut-il pas parler au passé et la question ne mérite-t-elle pas d’être posée ?

En effet, « marketing et business », CAC 40 et tout économique, conquêtes industrielles et commerciales tous azimuts, réseaux immatériels et connections transfrontières, virtualité et instantanéité mettent à mal la conception même de la patrie, de sa défense et, par voie de conséquence, celle de notre outil militaire et de ses serviteurs…
par Le général de Richoufftz publié dans : general.de.richoufftz
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Bonne pioche...

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