Jeudi 29 octobre 2009
Je n’étais plus vraiment enfant mais pas encore tout à fait adolescent. J’avais posé mon vieux vélo dans le
local à l’entrée du collège après avoir pédalé les trois kilomètres me séparant de la maison familiale. Un parcours que je faisais gaillardement quatre fois par jour, quel que soit le temps! Vous
vous rendez compte il n’y avait même pas de cars dans mon rêve! J’enfile ma blouse de couleur gris, pas très seyante il faut le dire, tandis que les filles ajustent la leur, blanc une semaine,
rose la semaine suivante ; et gare à celles qui se trompent de huitaine! Presque un uniforme! Je rectifie mon nœud de cravate; j’oubliais de vous dire que l’on nous avait obligé de porter
une cravate en classe. Quel bagne! Pendant plusieurs soirées il me semble, mon père m’a conseillé sur la manière de faire les nœuds. Je ne voulais pas mettre une « fausse » cravate avec
un élastique: de quoi aurais-je eu l’air ? Il me semble que les instituteurs comme les professeurs portaient veste et cravate eux aussi: quelle incongruité! Certains avaient même revêtu
une blouse; pour éviter toute trace de craie sans doute sur un costume bien repassé. Et puis nous nous mettions en rang, par deux, tout naturellement, une fois la cloche ayant retenti.
Le prof faisait signe et tout ce petit monde entrait dans la salle de classe sans énervement et prenait place, debout, chacun derrière sa chaise sans regimber. Ce n’est que lorsque l’on nous le disait que l’on s’asseyait, en silence; et gare à celui qui faisait crisser sa chaise sur le carrelage! Et puis le professeur procédait alors à l’appel de notre nom; nous nous levions à tour de rôle en disant à forte voix « p’sent ». Quant aux absents ils avaient tout intérêt à avoir des excuses sérieuses avec un mot des parents sinon c’était l’exclusion assurée après passage en conseil de discipline! Et c’est à partir de ce moment-là que les travaux forcés ont commencé : pensez! Une dictée quotidienne des années durant avec la réécriture, parfois vingt fois, des mots non correctement orthographiés, des explications de textes, la recherche du sens des mots et expressions, avec utilisation du dictionnaire, des tables de multiplication à connaître par cœur et sans hésiter, des problèmes à faire, un texte d’auteur à réciter chaque semaine, des devoirs à rendre dans les temps et je ne parle pas des séances de sport en tenue du moment...
Etait-ce dans un des grands établissements parisien? Non, la vie normale dans un collège ou lycée de province il me semble. Je me suis réveillé d’un bond et en sueur: où étais-je? Pour un peu j’aurais su lire, écrire, compter et me comporter! Vous vous rendez compte! Mais ce n’était qu’un mauvais rêve : ouf! En effet j’ai cru comprendre que, dorénavant, la présence des élèves dans certaines écoles de la République dépendra quasi exclusivement des Euros distribués par le rectorat. Il y a fort à parier que les enchères monteront… Quant au savoir? Ce n’est pas le problème : les portes de certains conseils d’administration paraissent ouvertes…
Le prof faisait signe et tout ce petit monde entrait dans la salle de classe sans énervement et prenait place, debout, chacun derrière sa chaise sans regimber. Ce n’est que lorsque l’on nous le disait que l’on s’asseyait, en silence; et gare à celui qui faisait crisser sa chaise sur le carrelage! Et puis le professeur procédait alors à l’appel de notre nom; nous nous levions à tour de rôle en disant à forte voix « p’sent ». Quant aux absents ils avaient tout intérêt à avoir des excuses sérieuses avec un mot des parents sinon c’était l’exclusion assurée après passage en conseil de discipline! Et c’est à partir de ce moment-là que les travaux forcés ont commencé : pensez! Une dictée quotidienne des années durant avec la réécriture, parfois vingt fois, des mots non correctement orthographiés, des explications de textes, la recherche du sens des mots et expressions, avec utilisation du dictionnaire, des tables de multiplication à connaître par cœur et sans hésiter, des problèmes à faire, un texte d’auteur à réciter chaque semaine, des devoirs à rendre dans les temps et je ne parle pas des séances de sport en tenue du moment...
Etait-ce dans un des grands établissements parisien? Non, la vie normale dans un collège ou lycée de province il me semble. Je me suis réveillé d’un bond et en sueur: où étais-je? Pour un peu j’aurais su lire, écrire, compter et me comporter! Vous vous rendez compte! Mais ce n’était qu’un mauvais rêve : ouf! En effet j’ai cru comprendre que, dorénavant, la présence des élèves dans certaines écoles de la République dépendra quasi exclusivement des Euros distribués par le rectorat. Il y a fort à parier que les enchères monteront… Quant au savoir? Ce n’est pas le problème : les portes de certains conseils d’administration paraissent ouvertes…
Par Général de Richoufftz
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Publié dans : Regard sur la politique
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